mardi, mai 16, 2006

SEOUL-0506

7-12 mai 2006
Seoul - Pusan - Namyang - Changwon

Dans les coins et recoins de nos mémoires démolies par empilements successifs de données dérisoires et toxiques, s’échappent –en cherchant bien- des parcelles non modifiées de souvenir véritable.

J’ai rêvé dans ma chambre d’hôtel d’une rampe d’escalier, d’une lueur qui monte du rez-de-chaussée, mon corps qui se penche le premier, le côté gauche de mon visage que je sens chaud pendant le sommeil et qui soudain brûle et fond sous les flammes du troisième degré. De l’œil jusqu’au coin de ma bouche, une forme en V. Ma peau tendue après la fonte, mon œil au bacon.

Un aéroport dans le sud de la Corée, costard et cravate, le téléphone portable de ma femme qui sonne, c’est Pierre que j’ai revu à Seoul avant-hier soir après 23 ans d’ignorance. IL m’appelle d’une bande d’arrêt d’urgence après avoir perdu le contrôle de son véhicule, deux pneus éclatés, l’aile droite défoncée, nos rires s’emmêlent devant l’absurdité et nos souvenirs éthyliques récents. Je quitte le tapis roulant où valises, appareils numériques, écrans plasma et produits du terroir auraient bien voulu s’inviter dans le coffre de la voiture. Et arrivent finalement jusqu’au bout de mes doigts, là, maintenant.

Assis dans le coupé Mercedes qui trône sur un tapis persan au milieu des porcelaines du lobby de l’hôtel, je regrette de devoir me confirmer qu’il n’y a jamais rien eu à comprendre. De retour dans ma chambre, je regarde une bouteille plastique de coca light, sans ne pouvoir m’empêcher de penser qu’il lui manque quelque chose.

La Foire aux Atrocités. Mon livre de chevet semaines 19 et 20, pas plus de vingt pages par jour, en regard de la concentration nécessaire pour avancer. Pas de pilote de bombardier, pas de rencontre avec Elisabeth Taylor en allant aux toilettes dans l’avion, le visage de mon épouse n’épouse pas non plus la clarté du maquillage des sommets ensoleillés que nous survolons. L’étranger assis à côté de moi ne s’appelle pas le Docteur Nathan. Pas encore. Pas de rétrospective sur la vie et l’œuvre d’Eichmann dans les consommables en papier rangés dans la pochette du siège devant moi et qui harcèle mes genoux. Et Max Ernst, alors ?

C’est écrit quelque part dans le Libé du 10 mai : « murés dans un ennui qu’ils ne peuvent reconnaître comme tel parce qu’il est devenu l’élément constitutif, solidifiant, non seulement de leurs vies mais de l’ensemble du corps social. L’existence n’a pas plus de perspective sinon celle de l’opérationnalité sans joie des agents économiques et la conscience est si limitée dans ses fins qu’elle s’est atrophiée. »

D’avis de spécialiste, L’oxygène est un élément chimique toxique et corrosif assez peu répandu dans l’univers. Nous fonctionons pourtant avec. Grace à. Je me dis finalement que cela permet d’expliquer beaucoup de choses. Et beaucoup de gens.

Suis-je réellement intéressé de savoir à quelle date ma société sera rachetée par des Japonais ?

dimanche, mai 14, 2006

RENDEZ-VOUS-A-PARIS

Nouvelle.
Bonne.


La seule bonne nouvelle en 2006.
Un rendez-vous à Paris.
Ce qui reste des restes de ce qui se passe dans le monde frôle l'inutilité, dans son sens le plus désertique.




vendredi, mai 12, 2006

EXTENSION-DE-LA-LUTTE

Lutte.
Domaine.
Extension. Du domaine de la lutte. Domaine de l'extension de la lutte. La lutte s'ouvre de nouveaux horizons. Le blog de Skam est désormais la page d'accueil Explorer6 de l'ensemble des portables Samsung mis à la disposition des grands de ce monde dans le lounge première classe de Korean Air, member of Skyteam, aéroport d'Incheon, Séoul, Corée du Sud.


Intensification de la lutte - Preuve a l'appui...




samedi, mai 06, 2006

MIND-ATTITUDE-MAY-2006

Mind attitude.
Don't really care about the direction. Simply care about the directsound.
NEW from May06 - right-side menu homemade monthly embedded dailymotion clip - Voiker's recommended track for browsing this site.

Just click on it... it's on your right

vendredi, mai 05, 2006

PEAU-AIME-(4)

Je me dis...
que c'est un peu comme lancer un caillou.
Depuis le bord du lac.
De s'attendre à le voir ricocher.
De se surprendre à vouloir bien le lancer.
De s'imaginer les ronds dans l'eau qu'il fait,
d'espèrer qu'il ira assez loin,
sans pour autant troubler de trop.

La surface de l'eau.

Mais même en été,
certains lacs sont gelés.

Un jour. Autre.
Peut-être que ce sera toi.
Qui écrira.

Avec de l'eau du lac.


[Raté d'une vieille amitié] [Voiker]

FIN-DE-LOM

Cross-thema message also duplicated in Idrenblicy


La fin.
De l'homme.


Potentiellement marrant, pourtant, finalement. Blessure mentale jour après jour devant les spasmes incandescents de la fin de l'homme. Assis sur mes propres épaules, à me regarder penser et travailler, à me sentir dégouté et combatif. Pas de pièce à une seule face. Ecœuré des idées de modèles, des systèmes systémiques, des organisations organisatrices côtoyés. Le pire avec la Chine, des nuées de gens qui se pensent être au début de l'homme et qui accélèrent leur propre fin, esclaves de la duplication inconsciente et ($)avide($) de nos civilisations autodestructrices de la valeur du Sens.

Le rasoir Fusion présenté récemment par Gillette, l'illumination du naufrage: ne plus rêver d'être illuminé vers le haut. Le plancher se dérobe, une ouverture violente comme un coup de hachoir dans la viande tendre sur l'étal du boucher, et de traverser la viande, la table, le carrelage au sol, les fondations, la terre entière. Et ma tête avec.

Le rasoir à cinq lames, symbole le plus morbidement flamboyant de la fin du règne humain. Je n’ai même plus envie de m'expliquer là-dessus.

En faire une jolie sculpture au milieu du jardin.

J'ai l'image qui se forme dans ma boîte crânienne du visage jubilatoire d'un directeur de marketing qui tourne en rond autour d'une table de réunion, devant des collègues au regard envieux et admiratif, exultant ses pussions sexuelles dans un geste conquérant, le bras levé et son prototype de cinq lames levé vers le ciel. Toute l'évolution de l'intelligence humaine résumée dans cette image, des millions d'année pour ça. La consécration ultime, comme la concentration immédiate d’un milliard d’étoiles dans un cube qui tiendrait dans la main.

Concentré radioactif de connerie neuronale. Vomissure cérébrale portant mentions légales et date limite de consommation.

PEAU-AIME-(3)

Je rêve éteint parfois de retrouver l'insouciance et la brume,
le sublime, caresser les craquelures,
les photos du passé,
ne plus penser à rien,
ne plus parler de rien,
ou de choses minimes,
de l'eau du bain.

[Immersion] [Voiker]

jeudi, mai 04, 2006

MALAISE

"Think different" is for me the second step after one becomes aware step one is "think". Think about it. (Voiker)

"Le mariage de la raison et du cauchemar qui a dominé tout le XXe siècle a enfanté un monde toujours plus ambigu. Les spectres de technologies sinistres errent dans le paysage des communications et peuplent les rêves qu’on achète. L’armement thermonucléaire et les réclames de boissons gazeuses coexistent dans un royaume aux lueurs criardes gouverné par la publicité, les pseudo-événements, la science et la pornographie. Nos existences sont réglées sur les leitmotive jumeaux de ce siècle : le sexe et la paranoïa. La jubilation de McLuhan devant les mosaïques de l’information ultra-rapide ne saurait nous faire oublier le pessimisme profond de Freud dans Malaise dans la civilisation. Voyeurisme, dégoût de soi, puérilité de nos rêves et de nos aspirations – ces maladies de la psyché sont toutes contenues dans le cadavre le plus considérable de l’époque : celui de la vie affective."
"J’ajouterai que selon moi l’équilibre de la réalité et de la fiction s’est radicalement modifié au cours de la décennie écoulée, au point d’aboutir à une inversion des rôles. Notre univers est gouverné par des fictions de toute sorte : consommation de masse, publicité, politique considérée et menée comme une branche de la publicité, traduction instantanée de la science et des techniques en imagerie populaire, confusion et télescopage d’identités dans le royaume des biens de consommation, droit de préemption exercé par l’écran de télévision sur toute réaction personnelle au réel. Nous vivons à l’intérieur d’un énorme roman. Il devient de moins en moins nécessaire pour l’écrivain de donner un contenu fictif à son œuvre. La fiction est déjà là. Le travail du romancier est d’inventer la réalité."
J.G. Ballard - Crash! - 1974

vendredi, avril 28, 2006

AD

Alan.

Dee.
This guy was newly appointed as Head of the Re-colonization Program of Poldué, by a New Universe Organization ordinary board meeting.
I'll be teaming up with him.
Can't be that bad afterall...
Pretty sure you'll like the picture below, Alan.

lundi, avril 24, 2006

PEAU-AIME (2)

Sacré monde.

Ma gamine, elle a des idées. Plein la tête.
Dessins et poésie, musique, activités créatrices. A 12 ans et demi, elle sait combiner un regard vrai sur les réalités avec un phrasé poétique pas vilain du tout. Tout ça sans qu'on ne lui ai rien demandé. Spontanéité. Cliquez sur son dernier poème, écrit dans les heures perdues des vacances de Pâques.


[Ce sacré monde] [Seoyoon]

vendredi, avril 21, 2006

NEUF-DE-PAQUES

Impossible de ne pas s'adresser à FRONT 242 pour saluer les fêtes de Pâques, un easter Egg number 9 on the head.
See for yourself...





Richard XXIII
Et vive l'anarchie monarchique de l'Electronic Body Music.

jeudi, avril 20, 2006

SEINS-DE-GLACE

Des seins ? Dessins ?
De Glace ?


Je me suis souvent demandé ce qui se cachait derrière cette expression 'saints de glace'. J’ai trouvé la réponse chez bravopapi.com (adorable, NAN ? …). Pas inintéressant, somme toute. mieux vaut tard que jamais.

Basé sur une vieille croyance reposant sur des observations dans les champs et les vignes, il est tous les ans une question qui revient et fait référence aux Saints de Glace et aux variations climatiques de cette période.
D'abord faut-il savoir qu'il s'agit du 11, 12 et 13 mai, dates de mauvaise réputation pour toutes les "mains vertes" qui ne jardinent jamais avant le passage de ces journées annonciatrices d'un retour tardif des gelées, capables de réduire à zéro le travail des téméraires qui auraient osé planter avant cette échéance.
Ne cherchez pas sur les calendriers la trilogie de ces Saints que sont Saint-Mamert, Saint-Pancrace et Saint-Servais qui ont été remplacés par Sainte-Estelle, Saint-Achille et Sainte-Rolande.
Cette substitution fut terminée lors du dernier concile de l'Eglise catholique en 1960 qui "nettoya" le calendrier de tous les personnages donnant lieu à des pratiques rituelles peu conforme avec la liturgie et considérées comme entachées de fond païen.
Et c'est ainsi que nos "braves Saints de Glace" furent rayés au même titre que les guérisseurs, retrouveurs d'objets perdus ou encore traitant de la météorologie... Bien sûr ils étaient tous les ans implorés par les agriculteurs et les viticulteurs, qui à cette occasion retrouvaient et récitaient au cours de processions avec Monsieur le curé en tête, de pieuses prières qui n'étaient pas forcément dénuées d'arrière-pensées intéressées.
Et pourtant si nous en recherchons les origines lointaines, très lointaines même, des gens d'alors avaient constaté qu'une brutale chute de la température nocturne ou plutôt matinale arrivait tous les ans aux alentours de ces trois journées. Cet élément climatologique qu'est le gel, particulièrement désastreux pour les plantations qui pourraient se trouver alors en début de germination, les incitait à laisser passer l'événement avant d'entreprendre les grands travaux de printemps, et pour les jardiniers et maraîcher planter, repiquer, semer, mettre en terre en toute quiétude.
Aujourd'hui encore ils ne négligent pas ce vieux dicton et même la Météorologie pourtant peu soucieuse des proverbes, ne nie pas qu'il existe une période très froide qui peut survenir jusqu'en fin mai.
Quant aux astrophysiciens, spécialistes particulièrement minutieux ils ont pour leur part remarqué "que vers la mi-mars, l'orbite de la terre passerait par une zone de l'espace sidéral particulièrement chargée de poussières, ce qui entraînerait une baisse de l'apport solaire sur notre planète et donc une diminution de la température."
Ainsi leur sort étant réglé et ces chrétiens bannis des calendriers, il est peut-être intéressant de les découvrir à nouveau... si peu !

11 Mai : Saint-Mamert, ancien archevêque de Vienne (en Gaule), serait mort vers 474.

12 Mai : Saint-Pancrace, était le neveu de Saint-Denis (célèbre pour la triste histoire des flèches ? ) serait mort martyr en 304 à l'âge de 14 ans.

13 Mai : Saint-Servais (souvent confondu avec Saint- Gervais) aurait subit le martyre à Milan avec son frère Portaux sous l'empereur Néon. Il fut le premier à disparaître du calendrier, remplacé en 1811 par Saint Onésime et aujourd'hui par Sainte Rolande.

Ainsi va le monde, moderne oui, mais toujours attaché à ses racines.

mercredi, avril 19, 2006

BYRON

Des Byron, je n’en connaissais qu’un il n’y a pas encore si longtemps.
Ce soir j’en connais trois. Enfin, je ne les connais pas, je sais simplement qu’ils sont, ou furent, ou aurait pu être. Celui que je connais le mieux, c’est celui qui n‘existe pas et dont la vie est emprisonnée dans les pages de la 'Voix du Maître' de Stanislaw Lem. Excellent personnage soit dit en passant.
Le second... il n’existait pas le mois dernier, il n’a jamais parlé – il faudra encore attendre un peu. Le troisième... je n’avais jamais lu ses poèmes, et je suppose que le second a hérité de son prénom, en hommage. Un peu lourd a porter.
Seul le second respire, sourit, aujourd’hui. Pourtant c’est le plus imaginaire des trois pour moi. La vie est ainsi faites que je n’aurai probablement jamais l’occasion de le rencontrer.

DARKNESS
first published in 1816 (Lord Byron)
I had a dream, which was not all a dream.
The bright sun was extinguish'd, and the stars
Did wander darkling in the eternal space,
Rayless, and pathless, and the icy earth
Swung blind and blackening in the moonless air;
Morn came and went--and came, and brought no day....

La suite ici pour les amateurs....

mardi, avril 11, 2006

RELATIVITE

Père.

Photo.

Il y a mon père sur cette photo.
Photo dépassée, prise par le passé, qui ne te rattrape jamais.
Mon père sait bien mieux -que moi- qu'il fut un jour plus jeune -que moi-. Et même quand j'étais petit, il y a des photos comme celle-ci pour me rappeler que mon père fut plus jeune que moi. Et pas qu'un jour. Et chaque jour qui passe aujourd'hui fait que la durée totale du temps qu'a passé mon père à un âge plus jeune que le miens s'agrandit. En somme, plus le temps passe, et plus mon père a été plus longtemps plus jeune que moi.

Printemps, été, automne, hiver.
Janvier, février, mars, avril.
Et pourtant dans trois ans je serai plus vieux que mon frère.

RPG1: FREEWILL (2)

Libr2.

Arbitr2.
PGT/RPG
Programme des Grand Travaux, Section ReProGramming

Addition suite commentaires sur premier POST thème FREEWILL. Tout le texte ci-dessous est outrageusement puisé dans le "Traité d'Athéologie" de Michel Onfray.

L’appareillage, la technique, la logique, la métaphysique du droit découlent en droite ligne de ce qu’enseigne la fable du Paradis originel : un homme libre, donc responsable, donc possiblement coupable. Parce que doué de liberté, l’individu peut choisir, élire et préférer ceci plutôt que cela dans le champ des possibles. Toute action procède donc d’un livre choix, d’une volonté libre, informée et manifeste.

Le postulat du libre arbitre est indispensable pour envisager la suite de toute opération répressive. Car la consommation du fruit défendu, la désobéissance, la faute commise dans le jardin des Délices, découlent d’un acte volontaire, donc susceptible d’être reproché et puni. Adam et Eve pouvaient ne pas pêcher, car ils ont été créés libres, mais ils ont préférés le vice à la vertu. Ainsi peut-on leur demander des comptes. Voire les faire payer. Et Dieu ne s’en prive pas qui les condamne, eux et leur descendance, à la pudeur, à la honte, au travail, à l’enfantement dans la douleur, à la souffrance, au vieillissement, à la soumission des femmes aux hommes, à la difficulté de toute intersubjectivité sexuée. Dès lors, sur ce schéma, et en vertu du principe édicté dans les premiers moments des Ecritures, le juge peut jouer à Dieu sur terre…

Quand un tribunal fonctionne sans signes religieux, il s’active pourtant en regard de cette métaphysique : le violeur d’enfant est libre, il a le choix entre une sexualité normale avec un partenaire consentant et une violence ahurissante avec des victimes détruites pour toujours. En son âme et conscience, doté d’un libre arbitre qui lui permet de vouloir ceci plutôt que cela, il préfère la violence – quand il aurait pu décider autrement ! De sorte qu’au tribunal, on peut lui demander des comptes, vaguement l’écouter, ne pas l’entendre et l’envoyer passer des années dans une prison où probablement il se fera violer en guise de bienvenue avant de croupir dans une cellule d’où on le sortira après avoir négligé la maladie qui l’afflige…

Qui accepterait d’un hôpital qu’il enferme un homme ou une femme à qui l’on découvrirait une tumeur au cerveau – pas plus choisie qu’un tropisme pédophilique – dans une cellule, l’exposant à la violence répressive de quelques compagnons de chambre entretenus dans la sauvagerie éthologique d’un confinement cellulaire avant de l’abandonner, un quart de son existence, au travail du cancer, sans soin, sans souci, sans thérapie ? Qui ? Réponse : tous ceux qui activent la machine judiciaire et la font fonctionner comme une mécanique trouvée aux portes du Jardin d’Eden sans se demander ce qu’elle est, pourquoi elle se trouve là, de quelle manière elle fonctionne…

Cette machine de la colonie pénitentiaire de Kafka produit ses effets au quotidien dans les palais dits de justice européens et dans leurs prisons attenantes. Cette collusion entre libre arbitre et préférence volontaire du Mal au Bien qui légitime la responsabilité, donc la culpabilité, donc la punition, suppose le fonctionnement d’une pensée magique ignorant ce que la démarche post-chrétienne de Freud éclaire avec la psychanalyse et d’autres philosophes qui mettent en évidence la puissance des déterminismes inconscients, psychologiques, culturels, sociaux, familiaux, éthologiques, etc.

vendredi, avril 07, 2006

RPG1: FREEWILL

Libre.

Arbitre.
PGT/RPG
Programme des Grand Travaux, Section ReProGramming
Et Table Rase pour se débarrasser définitivement du vokable.
De manière générale, le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement - voire arbitrairement - à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent.
Se déterminer à ou être déterminé par : tel est tout l’enjeu de l’antinomie du destin et du libre arbitre. Le problème, c'est qu'il n’est pas exagéré d’écrire que le concept de libre arbitre fut inventé pour disculper Dieu de la responsabilité du mal en l’imputant à sa créature. Ceci apparaît avec clarté dans le traité De libero arbitrio d’Augustin d'Hippone, fondé sur le dialogue d’Evodius et d’Augustin. Evodius pose le problème en des termes abrupts : « Dieu n’est-il pas l’auteur du mal ? ». Si le péché est l'œuvre des âmes et que celles-ci sont créées par Dieu, comment Dieu n’en serait-il pas, in fine, l’auteur ? Augustin répond sans équivoque que « Dieu a conféré à sa créature, avec le libre arbitre, la capacité de mal agir, et par-là même, la responsabilité du péché ».
Tout ceci est d'une mékanique adorable: l'homme est une kréature qui peut se tromper, car son kréateur, dans un élan de bonté, lui a laissé la possibilité d'en faire ainsi: par là-même, se voit expliquée et justifiée l'erreur fatale (pour eux) du tandem Adam et Eve dans la fable de la kréation, et de là démarre la névrose de tout le monde sur l'incertitude de rentrer -ou pas- au paradis qui suivrait la mort. Majiiiiiiiistral.
Ceci impliquant cela, les répercutions sont donc que:
- quand on parle de libre arbitre, on utilise du vocabulaire religieux
- on manipule une invention dont l'objectif est de laisser croîre (à ceux qui y croit) que Dieu reste impeccable (coupable, mais pas responsable, comdab).
Place nette: virer la notion de libre arbitre, ne parler que de choix autonome.
Je rajoute -point of view- qu'en fait, Saint Augustin a purement élucidé le problème à l'envers: je pencherai plus pour une version où "Dieu a conféré à sa créature, avec le libre arbitre, la capacité de bien agir, et par là même, la responsabilité de la bonne action".

JOAN-OF-ARC

GRAND.
ECART.

Coincé entre deux aspirations, just like being vacuumed by both ends.
On the left, a humble desire to see the access rate of my blog skyrocketing at levels beyond my expectations. On the right, the schizo-wish to have this blog reflect my innerself, without prejudices to the one I love and know the marketing-me.

On the left, pour augmenter le nombre d'accès -tout en feignant de renier une recherche autosatisfatrice de reconnaissance virtuelle, vertueuse, virtuose- il s'agit dès lors de mettre en place son marketing, et de jouer avec les ficelles qui soutendent le 6TEM:
- solliciter d'autres bloggeurs pour faire apparaître un lien à sa propre page, sur le modèle de l'échange équitable,
- positionner son BLOG pour plus de visibilité dans Google,
- créer des liens RSS dans Yahoo! Mypage,
- se faire référencer chez Technocrati,
- j'en passe et des meilleurs.
- La meilleure, d'ailleurs, c'est de 'pondre un papier intelligent sur le mode du "How To" et de le faire référencer dans DIGG, afin de générer du traffic'. Donner donc son point de vue journalistique sur un thème porteur, et avoir un bon design pour espérer faire revenir les internautes plus ou moins régulièrement. Un "How To", C'est ce que je suis exactement en train de faire dans ce paragraphe. Il ne me reste plus qu'à en cracher sa version anglaise, la plonger dans DIGG, et admirer les fruits de mon travail. Je suis le cercle, son début et sa fin, le porc dans sa marre boueuse qui s'y roule, 360° de liberté.

On the right, le désir d'être une étoile noire. Ce BLOG est un journal intime, intimiste, intimidant, d'un nain timide. Non, je suis plus grand que ça.

Now I know how Joan of Arc felt
As the flames rose
to her roman nose
and her Walkman started to melt.
(Morrissey)

ORIGINE


Ligne.
Remise.

Re-mise en ligne, pour achivage, pour mémoire, pour la postérité, de l'image initale de ce BLOG. Avant qu'un crash disque, un défaut de mémoire -de ma part-, une mauvaise manip -encore moi-, ne jette aux oubliettes le graphisme original derrière WIWILBARYU.



Volonté de ma part de venir également illustrer une petite phrase de Walter TEVIS dans "L'oiseau d'Amérique" :

C’est ainsi que finit le monde,
C’est ainsi que finit le monde,
C’est ainsi que finit le monde,
Pas sur une explosion, mais sur un gémissement.

mercredi, mars 29, 2006

STANISLAW-LEM-GONE

Stanislas, ou Stanislaw LEM n'est plus.

Tant pis pour tous, lui et nous et tous ceux qui le liront un jour, dans dix, cent ou mille ans.

LEM était -soit dit en passant- un nom de prédilection pour écrire de la SF; n'est-ce pas l'anacronyme du Lunar Excursion Module...

J'ai découvert LEM il y a une dizaine d'années au travers du film SOLARIS d'Andrei Tarkovsky. J'ai ensuite relu plusieurs fois le livre à différentes époques, pour admirer tant la qualité du fil philosophique qui parcourt le roman, que la noble humilité de la retranscription cinématographique de Tarkovsky. Je me souviens aussi de cet ami japonais qui m'avait dit que LEM dans sa jeunesse buvait jusqu'à plus d'heure avec son meilleur ami à l'époque, Karol Jozef Wojtyla, plus connu sous le nom de Jean-Paul II. Ouverture de l'esprit de l'auteur, qui ne croit pas en Dieu pour des 'raisons morales', mais qui a su donner tant de dimension(s) à ses romans...

De LEM, je retiens des thèmes comme l'incapacité à communiquer entre les mondes, les civilisations, notamment dans 'La Voix du Maitre' et 'EDEN'. Dans ce dernier, LEM y situe la rencontre avec une civilisation très avancée jadis -mais incapable aujourd'hui de s'élever pour nouer un contact avec l'extérieur. Le thème de la civilisation décadente se retrouve également dans divers ouvrages, à différents stades de décrépitude, comme dans 'Fondation d'Asimov' (ou tout commence aux premiers balbutiements de la chute de la civilisation), ou dans 'Navigateurs de l'Infini" d'Ainé ou la civilisation est déjà entrée dans un renfermement sur soi.

DE LEM, je retiens le délire kafkaïen de 'Memoir Found in a Bathtub', qui porte bien la marque au fer rouge des errances au sein d'un système communiste. A rapprocher quelque part de 'La Maison aux Mille Etages' de Jan Weiss (écrit en 1919!) ou 'Troika' des frères Strugatsky, sur le thème d'un roman qui se situe dans les dédales grotesquement effrayants du pouvoir.

Saluer également 'Le Congrès de Futurologie', une oeuvre Dickienne même si les deux hommes avaient quelques problèmes pour se comprendre...

Enfin, mention tout à fait particulière à 'Return from the Stars', un bouquin qui me ressemble.

Comment fait-on pour avoir assez de temps pour se donner le temps de laisser partir son imagination aussi loin ?

Merci à Rod dans le blog duquel j'ai appris la nouvelle.
En savoir plus sur le site officiel de LEM.
En savoir plus chez Wikipedia.

mercredi, mars 01, 2006

RECTO-VER$O

A one Dollar bill.
Au RECTO, le président Georges Washington. Au VER$O, pour les observateurs, vous remarquez sur la partie gauche une pyramide. Pas très américain tout ça. Et de noter également que le haut de la pyramide semble se séparer, voire décoller...

La version officielle explique que "the separated cap of the pyramid, portraying the all-seeing eye, symbolizes that the United States is still far from finished. The Latin phrase Annuit Cœptis (He [God] has favored our undertaking) is located above the pyramid. NOVUS ORDO SECLORUM (New Order of the Ages) is shown on a ribbon below the pyramid. Written at the base of the pyramid in Roman Numerals is MDCCLXXVI or 1776, the year the United States Declaration of Independence was signed.

Adorable version de Vonnegut sur le même sujet: "s’ils examinaient leurs billets de banque, pour y découvrir un indice des buts que poursuivait leur pays, ils voyaient apparaître, au milieu de diverses autres formes baroques, le dessin d’une pyramide tronquée, surmontée d’un œil brillant. Le président des Etats-Unis lui-même aurait été fort en peine de dire ce que cela pouvait signifier. C’était un peu comme si le pays déclarait à ses citoyens : « La force est dans l’absurdité ».


END OF TRANSMISSION -----