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vendredi, mars 21, 2008

LISBOA

mercredi, mars 05, 2008

GRAVAMENTE



Je ne fus pas un touriste. N’en fus peut-être jamais un. En tout cas pas là-bas.

En descendant les pentes de l’Alfama, comme un coquillage qui roule au pied d’une mer en pente de toitures inégales, de couleurs de murs flétries, de trottoirs minimaux, puzzle de petits cubes de pierre couleur crème, de linge qui s’assèche aux fenêtres de vies anodines que je ne connais pas mais qui s’ouvrent sur moi comme si elles savaient que j’avais déjà vécu là-bas ; le cliquettement métallique de l’electrico qui s’amoncelle dans les virages, le bois de l’habillage intérieur de la carlingue, les fenêtres à rabat, la présente chaleur du soleil sur moi. Le vingt-six février de cette année. Lisboa.

Le lieu, et pas seulement cette chambre où nous dormions, ni cette terrasse où nous prenions notre café, ni cette oeuvre au mur à l'hôtel faites de cartes vieillies sur un grand panneau de bois et où nous trouvâmes nos villes natales, ni ce château qui veillait sur nous d’un coin de cil, ni les labyrinthes des ruelles qui nous ligotaient avec le fil dénudé d'un vieux yoyo, ni les quartiers, Chiado, Baixa, Alfama, Belem, s’effilochant sous nos pas qui les distendaient, ni le Tage qui les contenaient et les contiendra comme une ceinture trop bien ajustée sur une tenue débraillée.

Les gens, ces visages qui imposent là-bas leurs pensées à livre ouvert, et pas seulement cette serveuse aux traits de statue grecque qui vous traduira vos cartes en portugais au milieu de la nuit, ni ce chauffeur de taxi qui s’excusera vingt fois de ne pas s’être trompé de Docas, ni ce charmeur de guitare qui vous dira du regard savoir pourquoi vous êtes là et comprendra si bien que vous vouliez tant ce livre qu’il tient à la main mais qu’il n’a pas fini de lire, ni cet enfant, Tom je crois, qui court dans la crypte du Convento da Ordem do Carmo et me prend pour elle quand il s’adresse à moi, ni le visage de cette vieille femme accroché à une fenêtre ouverte à hauteur du mien et qui me jette ses rides comme pour me dire que le temps n’est rien, et qu’il passera, qu’il passe, et que cela ne fait rien. Cela me passera. Ni cette femme de ménage, forte corpulence et peau noire, vétue d’une tunique bleue sur un chemisier rouge, coiffée d'un fin bonnet blanc pour tenir ses cheveux, semblant sortie d’un film de Wim Wenders, qui balaye le sol du Brasileira, vous suggèrant dans l’au-delà de ses gestes toute l’immensité du quotidien ; ni cette femme qui porte à ses lèvres son fume-cigarette, qui regarde droit dans la lumière extérieure en buvant son café, qui se retournera en partant pour me sourire comme pour me dire ‘c’est bien ici, oui’. Ni les deux autres femmes qui lui succéderont à la même place pour accomplir ce même rituel.

Ni l’omniprésence en moi de Fernando Pessoa dans ce café, son café, le Brasileira, ni son omniprésence tout autour de moi.

Les couleurs, et le blanc de nos chemises, le blanc du lait dans ma coupe de champagne, le blanc de la colombe sur le toit au matin, le blanc de la rose unique dans son vase de métal sur le buffet du petit déjeuner.

Toi, qui cours sur les terrasses quand la ville s’extirpe maladroite de son sommeil, toi qui grimpe aux balcons des façades murées, toi qui danse dans les miradouros, toi qui jongle avec des oranges, toi qui serpente ton corps sur les mains courantes au milieu des ruelles en pente, toi qui sait encore l’importance de tous ces instants qui ne servent à rien.

J’ai mis le pied au centre du monde. J’ai encore du mal à assembler les mots exacts pour dire, avec calme, qu’il s’agissait du mien.

vendredi, février 01, 2008

MYTHIQUE

.
..
...
.... je me suis égarée, peuplade malfamée d'hommes enflammés, j'y suis entrée, ils m'ont tirée jusqu'à la place, par mon voile, croyant me déchirer, peuplade d'yeux de ces dieux égorgés, je me suis égarée, sur le bûcher de leurs âmes apeurées, bien d'autres s'y sont brûlées, j'ai hurlé mon silence, qu'aucun d'entre eux ne puisse l'entendre, je me suis égarée, au milieu d'une cité désertée, peuplade balayée par les ailes d'un condamné, sur mon voile, goutte de son encrier, je me suis égarée, je me donne une place...... un droit de cité...

[by -DO-]

vendredi, janvier 11, 2008

WEIRD-FISHES-ARPEGGI

In the deepest ocean/ The bottom of the sea / Your eyes / They turn me / Why should I stay here? / Why should I stay? / I'd be crazy not to follow / Follow where you lead / Your eyes / They turn me / Turn me on to phantoms / I follow to the edge of the earth / And fall off / Everybody leaves / If they get the chance / And this is my chance / I get eaten by the worms / Weird fishes / Get picked over by the worms / Weird fishes / Weird fishes / Weird fishes / I'll hit the bottom / Hit the bottom and escape / Escape / I'll hit the bottom / Hit the bottom and escape / Escape


jeudi, janvier 03, 2008

HAPPY-BIRTHDAY

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon frère.
Cette année encore, il aura quarante et un ans. Cette année encore, les années passent, les années passent et je le rattrape, je le rattrape et je serai bientôt plus vieux que lui, dans moins de deux ans si les années passent encore.

Je fume des clopes à sa place.
J’écris à la mienne.

Rien n'a jamais été Ordre et Beauté, Luxe, Calme et Volupté.

samedi, décembre 01, 2007

NY-2008

Comme chaque année s'annonce l'heure de grands moments privilégiés, celui (1) du temps que je m'accorde pour préparer ma carte de voeux, anticipant (2) celui où mes proches et mes lointains la découvriront. Chaque année la même constance: comment faire pour arracher les gens à la torpeur d'une vie ? (*) (**)

N'oubliez-pas de m'envoyer votre adresse postale si vous en voulez une dans votre boîte aux lettres (la vraie, celle à gauche de la grille)

(*) Je préciserai que cet effort est vain, que j'en suis conscient, qu'il s'applique à moi-même, que j'ai des moments de lucidité rares mais plus fréquents.
(**) Cet effort permet à beaucoup de gens de se rassurer eux-mêmes en pointant du doigt ce qui restera pour eux une carte à ranger dans les cartons de la provocation.



Premier modèle pour 2008



En rappel pour ceux qui ratèrent les années bloguées précédemment:

mardi, octobre 30, 2007

RADIOTETE

Différent- à tout point de vue



lundi, octobre 15, 2007

EXTRA

Ken Ishii, Extra, 1995




lundi, juillet 23, 2007

VACANCES-?



Abordage, Débordage...

lundi, juillet 02, 2007

PEINTURE


"Allégorie des vanités du monde"
Au hasard des peintures du Musée des Beaux-Arts de Lille.


[Recadrage] [11]

mardi, mai 22, 2007

IAN-C



When routine bites hard,
and ambitions are low,
And resentment rides high,
but emotions won't grow...

dimanche, mai 20, 2007

SE-METTRE-EN-QUATRE


Je suis convié par Saint-Rich à répondre à un petit questionnaire littéraire.
Voici alors les réponses que je ferais:

Les 4 livres de mon enfance :
5 semaines en ballon // Jules Verne
Dix petits nègres // Agatha Christie
Le Petit prince // A. de St Exupery
Le Chateau de ma mère // Marcel Pagnol

Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :
Julien Gracq
Philip K. Dick
Stanilaw Lem
Asimov

Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais :
Nothomb
BHL
Les Apôtres
W. Burrough

Les 4 premiers livres de ma liste à lire :
Le loup des steppes // H. Hesse (en cours)
La ferme des animaux // G. Orwell (acheté)
Mort à Crédit // Céline (acheté) (*)
Sade et la loi // François Ost (acheté)

Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte :
A la recherche du temps perdu // Proust, puisque j'aurai enfin le temps...
Le Coran, par esprit d'ouverture, puisqu'il faut du temps...
Les contes de Terremer // Ursula le Guin, pour réver, j'aurai le temps...
Le rivage des Syrthes // J. Gracq, pour l'amour de la littérature...

Les derniers mots d'un de mes livres préférés :
"Une nuit, mes vêtements s’embrasèrent. Je me maintins au niveau de la cendre pendant quelques temps, en grelottant et en pleurnichant. Disons quatre ou cinq ans encore. Il m’arrivait d’émettre des gémissements pour faire semblant de parler avec le vent, mais plus personne ne s’adressait à moi. Disons que j’avais été le dernier, cette fois-là. Disons cela et n’en parlons plus."
Des anges mineurs // A. Volodine

Les 4 lecteurs dont j'aimerais connaître les 4 :
IF6, Cheval Blanc, Kamisama, Eden...

(*) Etonnant, St-Rich, non ?

[Recadrage] [11]

mercredi, mai 09, 2007

EN-VADROUILLE...


Week-end passé du côté de chez Olivier, loin des grandes villes, loin de tout.
à cent mètres de la frontière belge.


[Recadrage] [10]

jeudi, avril 19, 2007

LE-TEMPS-DE...


... s'acclimater, dans le jardin du même nom.


[Recadrage] [9]

jeudi, mars 22, 2007

QUATRE-?


LA bonne nouvelle de la journée.
"Pour le reste, sa survie, c'est sombre, profondément sombre..."


[Recadrage] [8]

jeudi, janvier 25, 2007

NO-FLY-MAN-LIKE-TREES



CLICK

Collage numérique - Photoshop - 23 janvier 2007
Voiker

lundi, janvier 22, 2007

THE-WORLD-AS-IT-IS



Ce n'est peut-être que dans ma tête.
Il faudrait que je regarde. De plus près.
Ou de plus loin, alors.


[Recadrage] [7]

jeudi, décembre 21, 2006

NY-2007


Ma carte de voeux s'est enfin fait livrée.
Envoyez-moi vos nom et adresse,
et ce sera un plaisir pour moi.

Cliquez ICI pour la recevoir

Voiker

vendredi, novembre 24, 2006

STIGMATA-OF-MISTER-J-BIS


Du chaos
Version associée, d'images et d'idées
Je persiste, j'illustre, je signe
Au lieu de dormir...
Voiker

CARTE-2-VOEUX-2007





De retour de Seoul, ce vendredi 24 novembre.
Reprendre le cours des choses, du temps, des gens.
Se remettre au travail,
finaliser les travaux photosphop sur ma carte de voeux 2007.
En exclusivité, le personnage central (ci-contre).
La thématique choisie cette année est celle de l'élévation.
Je n'en dirai pas plus pour le moment.
J'attends celui qui sera venu...




[Recadrage] [6]