vendredi, janvier 27, 2006

PHILIP-KINDRED-DICK

Un Long.
Voyage.

Un long voyage qui prend fin. Jamais facile de poser le pied sur la terre ferme quand on descend de l'avion en ignorant où on s'est posé, puisque l'objectif du voyage n'était pas la destination, mais le voyage en lui même.



Difficile à croire, peut-être, qu'on puisse prendre un avion avec comme destination sur le billet le mot 'OPEN', en se disant que le plus important, dans tout ça, c'est les instants qu'on passera dans l'avion et pas la destination. Car le voyage fait la destination, si le pilote n'existe pas, si l'avion c'est soi, et si on se pose quand il n'y a plus de carburant (et Personne n'atterrit d'ailleurs au même endroit dans ce genre de cas).

Monter à bord d'un livre, se faire emmener loin, très loin. Et quand je termine le livre, où ai-je atterri ? A quelle distance de moi-même me suis-je propulsé, sans possibilité (ni volonté d'ailleurs) de retour en arrière ? Le fin du fin en science-fiction: des voyages, one-way ticket, faits pour exploser ses propres limites et s'affranchir de manière permanente des barrières et des frontières d'un mode de réflexion et d'une appréhension du monde bétonnées dans des règles imposées et régies par des systèmes civilisateurs qui droguent l'humain voire le lobotomisent, le zombifient pour l'empêcher de voir les murs du labyrinthe que certains ont construits et continuent de construire, sans aucun plan précis. Un labyrinthe où les gens errent, idiots accaparés par le culte du 'moi-je' auto-défensif, inconscient de l'absence de leur capacité d'ouverture, pour mieux infliger aux autres une parodie de leur propre image dans tout ce qu'elle a de décidée, de mature, de confiante et de supérieure. Des systèmes qui se percutent de plus en plus violemment dans un environnement léthargique globalistique où domine un monde de pensée fondamentalement encré dans la non remise en question des règles civilisatrices, mettant dès lors au grand jour la présence quasi-planétaire de la non-réflexion sur les fondamentaux d'une société équilibrée qui réponde aux aspirations les plus simples de toutes les espèces, y incluant nous mêmes, cafards humains.

Je viens de terminer le 35ème et dernier (pour moi) roman de science fiction de Philip K. Dick. Un long voyage, entamé par hasard par le visionnage de Blade Runner en 1984. Je me sens seul, même s'il me reste encore deux ou trois romans traditionnels non-sf de l'auteur à lire, et les morceaux disponibles en langue anglaise de son Exégèse. Ce parcours se termine volontairement par Robot Blues, 'Do Androids Dream of Electric Sheep', histoire de refermer proprement le cercle à l'endroit même où je l'avais commencé. (Blade Runner est l'adaptation de ce roman).


Que m'a apporté ce voyage ?
Une violente déstructuration de mon mode de pensée: j'étais un terreau propice, je suis un logiciel bipède auto-adaptatif de remise en question. Je m'exténue à discerner les molécules qui forment le distributeur de boisson pour discerner, au travers, le mur sur lequel il est adossé, pour voir les molécules du mur, pour voir au travers les molécules de la rue derrière le mur. Et ainsi de suite, comme dirait Vonnegut. Je suis devenu un anti-saint-thomas, son négatif, Ctrl+I sous Photoshop, je veux être certain de voir pour être sûr de voir ce qui justement n'est pas, ce qui prétend être, ce qu'on veut tellement que ce qui n'est pas fusse. Dans la parodie de civilisation qui nous fournit le couvert, le lit, la télé et les panzanis, ce qui est n'est pas. Il ne faut pas seulement le savoir, il faut le voir. Il faut le voir pour y croire. Un puit sans fond.
Je ne prends aucune décision le jour même, je cherche toujours un troisième angle de vue dans les sujet de discussion; et surtout, je remets en cause systématiquement mes opinions lorsque celles-ci me semblent absolument convaincantes pour moi: si elles le sont, c'est qu'elles ne sont pas de moi, mais me sont imposées par un schéma de réflexion superficiel émanant soit des couches récentes de propagande qui sont venues se déposer sur mes circuits, soit du tiroir à 'short-cuts', tellement facile et soulageant parfois encore.

Voiker ?
Où tu veux en venir, en fin de compte ?
- Je suis juste en train de me frapper la tête sur le Tarmac.


jeudi, janvier 26, 2006

jeudi, janvier 19, 2006

POURQUOI-QUE-JE-LIS

Cross-thema message also duplicated in Voiker

Science.

Fiction.
Science-fiction. David me demande de lui conseiller un ou des bouquins de SF pour qu'il tente de goûter au plaisir de ce genre littéraire.



Je suis sûr que certains s'arrétent déjà sur l'adjectif 'littéraire', neurologiquement bloqués et incapables de concevoir que la SF puisse faire partie intégrante de la Littérature.
Donner un tel conseil est loin d'être facile: plus on connaît un sujet, moins on le connaît. Je ne suis ni un spécialiste, ni un expert. Je suis juste un ardent lecteur. De SF. Avec à mon passif trois plantages: par le passé, j'ai offert du Lovecraft à un ami, et j'en ai plus jamais entendu parler. A deux autres amis, je leur ai mis dans les mains 'Substance mort' [A skanner Darkly / sera porté à l'écran courant 2006, avec Keanus Reeve)] de Philip K. Dick; aucun des deux n'a passé la barre fatidique de la 40ème page.

Je résumerais ainsi les questions:
1) peut-on se lancer quelqu'un dans la SF les yeux fermés ?
2) faut-il conseiller un grand classique, ou une perle rare ?


1) Ouverture des yeux (avec une lame de razoir, comme dans 'un chien andalou')

Def-one (Ayerdhal) : « La science-fiction est un puissant outil pédagogique, un véhicule idéologique non négligeable et la plus riche expression de l’imagination créatrice.»

Def-two (Alain Pelosato) : « La science-fiction est le moyen le plus fantastique de traiter des problèmes de société et d’éthique, des questions liées à l’avenir de la civilisation, de l’évolution des sciences et des technologies. »

Def-three (Norman Spinrad) : « La science-fiction est l’ensemble de ce qui a été publié sous le nom de science-fiction. »

Def-four (Philip K. Dick): « Maintenant, disons que tous les romans de science-fiction contiennent en eux un monde imaginaire. Ce monde imaginaire, arbitraire, aura une forme de relation avec la réalité dans la mesure où il s'est développé à partir de la réalité, de l'observation de la réalité, de certaines tendances de la réalité. Il contiendra des éléments qui sont observés sous une autre forme dans la réalité... Et quand quelqu'un lira le livre et saisira l'image de ce monde, cela lui donnera une vision plus pénétrante de son propre monde, de lui-même, et de la relation entre les deux. D'une certaine façon, cela ajoutera quelque chose à sa capacité d'affronter la réalité, non pas en offrant des réponses toutes faites mais en augmentant ses possibilités de compréhension, ne serait-ce qu'en lui donnant une fléxibilité d'esprit qui lui permettra de faire changer les choses.»

2) MES cinq (histoire de se limiter) grands classiques avant de creuser vos propres tunnels dans la science-fiction:

A) Isaac Asimov: 'Fondation'
B) Arthur C: Clarke: 'Rendez-vous avec Rama'
C) Philip K. Dick: 'Ubik'
D) Stanislaw Lem: 'Retour des Etoiles'
E) Clifford D. Simak: 'Demain les Chiens'


(OK, je sais, j'ai vraiment pris AUCUN risque).
Pour les perles rares, citons par exemple tous les autres bouquins écrits par les cinq auteurs sus-mentionnés.
Et 'Flatland' de Edwin A. Abbott.
Rien que ça, je pense, devrait vous occuper pendant a little while.



mercredi, janvier 18, 2006

FIGHT-CLUB

Un long texte et un gros clin d’œil à Alex, qui m’avait conseillé de visionner Fight Club.
Ok, ok, c’est une bonne prod. américaine, avec les bons acteurs, dans les bons décors avec les bons effets spéciaux, et le message hyper-clair, histoire d’être sûr que les mange-burgers puissent dormir sans se poser de question quand ils ronflent l’esprit léger et l’estomac dilaté.

Ceci dit…


12 heures après mon retour d’Inde, je loue le film qui vient s’imbriquer en moi (voir IMBRICATIONS) avec des messages taylor-made pou mes synapses. Outre le laïus sur le syndrome IKEA, succulent (voir 7 DAYS IN INDIA), je m’imbrique dès ma descente d’avion dans le clin d’œil aux vaches indoues, dans le single-service life-style, dans les accidents d’avion.


Ci-dessous : Petit pot-pourri extrait du film


SINGLE-SERVING LIFE-STYLE

Pacific. Mountain. Central.
Loose an hour. Gain an hour.
This is your life, and it’s ending one minute at a time.
You wake up at Air Harbor International.
If you wake up at a different time, in a different place, could you wake up as a different person ?
Everywhere I travel, tiny life. Single-serving sugar, single-serving cream, single pat of butter. The microwave cordon bleu hobby kit. Shampoo-conditioner cambos. Smple-package mouthwash. Tiny bars of soap. The people I meet on each flight, they’re single serving friends. Between takeoff and landing we have our time together. That’s all we get.

Ndlr : Hier soir, je comptais le nombre de coups de tampon sur mes passeports: 233 vols internationaux. 99% de vols entre la France et le Japon, la Corée et la Chine. En moyennant le tout à 10 heures de vol par vol, et en divisant par 24, ça fait une centaine de jours passés dans l'avion... 3 mois dans les airs... et je compte pas les vols intérieurs en France, les vols sur Genève, et les vols intérieurs à l'étranger.
Dans un de mes tiroirs de bureau, j'ai ramassé ce matin 139 boardings pass, dont la moitié en EasyJets vers la Suisse.... Mais des vols d'une heure, ça compte pour du beurre....


RECALL

On a long enough time line, the survival rate for everyone drops to zero.
I was a recall coordinator.
My job was to apply the formula.
Take the number of vehicles in the field, A.
Multiply it by the probable rate of failure, B.
Then multiply the result by the average out-of-court settlement, C.
A times B times C equals X. If X is less than the cost of a recall, We don’t do a recall.

Ndlr : ça va vous faire marrer, mais ça fonctionne réellement comme ça dans l’industrie automobile (and I know what I am talking about…) et dans des tas d’autres domaines. L’équation qui tue : si le coût de prévenir le mal est supérieur à celui statistiquement envisageable si tu as vraiment un grave problème, alors surtout tu ne fais rien. Si c’est le cas inverse, tu anticipes le problème et tu en profites pour lancer une campagne publicitaire d’information sur le professionnalisme de ta société.


ILLUSION OF SAFETY

Everytime the plane banked too sharply on takeoff or landing, I prayed for a crash or a midair collision.
Anything. Life insurance pays off triple if you die on a business trip.
An exit-door procedure at 30.000 feet. The illusion of safety.
You know why they put oxygen masks on planes ? Oxygen gets you high. In a catastrophic emergency, you take giant panic breaths. Suddenly you become euphoric, docile. You accept your fate.
Emergency water landing, 600mph. Blank faces. Calm as Hindu cows…
- What do you do for a living ?
- Why ? So you can pretend you are interested ?

Ndlr : Prendre l'avion. J'en ai plein les bottes. Je croise les bois et je touche du doigt, en tappant ces lignes. Même le concorde s'est planté, alors pourquoi pas mon prochain vol, hein ? Ou le tiens ? non ?

L'Emergency Flight Card dans Fight Club (click HERE si vous en voulez plus) souligne brillamment la pseudo-réalité dans laquelle on nous fait vivre et circuler. Une fois sur 3, je me réveille en sueur dans l'avion parce que j'étais en train de rêver qu'on se plantait. Pourtant mon ex-boss m'a expliqué long time ago que lors du décollage et de l'atterrissage, à moins d'oublier de lever l'appareil ou de rater la piste, les forces extérieures étant si forte sur la carlingue, il est quasi-impossible de crasher l'appareil. Le seul endroit délicat dans un vol, c'est quand le pilote change de vitesse 5 à 10 minutes après le décollage: s'il rate la manœuvre, les moteurs se coupent, et là tout est terminé. Vous ferez attention la prochaine fois, en fin d'ascension: pendant une trentaine de seconde, on ne les entend plus, les moteurs; seul le bruit du vent à l'extérieur vous remplit les oreilles...

" j'aimerais faire comme tout l'monde,
trouver ça naturel,
d'être expulsé d'une fronde,
jusqu'au milieu du ciel.
Qu'elle parait minuscule
cette piste en béton,
j'ai peur de l'avion... "
(F. Cabrel - La chanson HERE)

J'avais prévu de me payer pour Noël un bouquin sur la manipulation qui est faites de la 'non-catastrophe'. On nous fait croire que tout est 'safe' en ce bas monde. On sait très bien que l'A380 se plantera un jour... mais surtout chasser l'idée (anti-commerciale, non ?), nous laisser vivre dans un monde aseptisé où la mort n'existe plus, non. On disparaît de vieillesse, et tous les autres n'ont vraiment pas eu de pot. Il fallait le commander, ce livre, et comme je m'y suis pris trop tard (pas le genre de bouquin qu'ils laissent traîner dans les rayons, à la FNAC ?!), ce n'est que simple partie remise pour moi: "l'Accident Originel" de Paul Virilio, Galilée, Paris, 2005, 168 pages, 24 euros. Surtout, Lire HERE.


WE ARE BY-PRODUCTS

I had it all.
I had a sofa that was very decent.
A wardrobe that was getting very respectable.
I was close to being complete.
We are consumers.
We are by-products of a lifestyle obsession.
Murder. Crime. Poverty.
These things don’t concern me.
What concerns me are celebrity magazines, television with 500 channels, some guy’s name on my underwear. Rogaine. Viagra. Olestra.
I say never be complete. I say stop being perfect. I say let’s evolve. Let the chips fall where they may.
The things you own end up owning you.

Ndlr : c’est clair, non ?……………………………………… ! ! ! non ?
...
...
Merci encore, Alex.

mardi, janvier 17, 2006

SEVEN-DAYS-IN-INDIA (I/II)

7-14 janvier 2006
Mumbai - Pune - Delhi - Chennai


Un bruit lourd et un peu étouffé, comme celui que ferait une grosse cuillère en bois en heurtant le fond d'une casserole encore pleine de soupe. Un cri rauque, guttural mais aigu, qui vient du fin fond de la gorge, peut-être même de l'estomac. Et puis plus rien. Je tourne lentement la tête vers Ahn, un ami coréen en poste à Chennai pour un équipementier automobile coréen. Il continue à regarder devant lui, la nuque de son chauffeur, peut-être. Aucun de nous trois ne s'est retourné, je vois dans le rétroviseur intérieur les yeux du chauffeur indien qui à deux ou trois reprises essaie de connaître la fin de l'histoire. On vient d'écraser un chien. Un jeune chien, peut-être un an, pas plus. Il traversait la chaussée en diagonale, d'une manière nonchalante, le chauffeur a ralenti, pas assez. On était en retard, l'heure tournait, le chauffeur avait voulu tenter au flair une route pour nous ramener sur Chennai après avoir visité un ancien temple du XIIème siècle, pied nu et costard. On avait pratiquement rejoint l'autoroute que l'on pouvait enfin apercevoir là-bas sur la droite, après s'être longuement perdu dans la campagne, traversé des villages faits de rien ou presque, des huttes recouvertes de branchage, des routes défoncées, notre Hyundai qui ne dépassait pas le 20km/h, le chauffeur qui tapotait nerveusement sur son volant, mon ami qui par moment récitait de longues phrases en coréen, sûrement pas des compliments. Et la chaleur.

J'ai de la peine pour ce chien. Et j'en ai aussi beaucoup pour la petite fille aux beaux yeux qui ne le prendra plus dans ses bras le soir. Une petite fille qui n'avait probablement rien, sauf peut-être l'affection de ce chien.

Je termine ma semaine en Inde par cette expérience abrupte et pleine d'immédiateté. Dans ce pays où la vie n'a pas d'importance, parce qu'au delà d'un milliard de personnes, qui ou qu'est-ce qui peut bien avoir de l'importance ? 84.000 divinités répertoriées, 18 langues officielles, 16.000 dialectes, des religions, des castes, des communautés. Des vaches sacrées, des éléphants peinturlurés, des chèvres et des cochons, des enfants à moitié nus, des femmes éclairantes de beauté, certaines très éclairées ("tu devrais regarder 'être et avoir' c'est un très bon film" me conseillera l'une d'elle en français lors d'un dîner). Shiva est la première des divinités vénérées en Inde. Shiva, c'est le danseur dans son grand cercle, loin devant Vishnu qui se repose à l'ombre des cinq serpents. Un Dieu qui danse. Moi qui le prenait et le prendrait toujours pour une fille. On est loin du Gérard Majax cloué sur sa croix. C'est clairement plus facile et certainement salvateur, dans un tel monde, de démarrer la journée avec une image nettement et tellement plus positive.

The symbolism of Shiva (Siva Nataraja) is religion, art and science merged as one. In God's endless dance of creation, preservation, destruction and paired graces is hidden a deep understanding of our universe. Bhashya Nataraja, the King of Dance, has four arms. The upper right hand holds the drum from which creation issues forth. The lower right hand is raised in blessing, betokening preservation. The upper left hand holds a flame, which is destruction, the dissolution of form. The right leg, representing obscuring grace, stands upon Apasmarapurusha, a soul temporarily earth-bound by its own sloth, confusion and forgetfulness. The uplifted left leg is revealing grace, which releases the mature soul from bondage. The lower left hand gestures toward that holy foot in assurance that Siva's grace is the refuge for everyone, the way to liberation. The circle of fire represents the cosmos and especially consciousness. The all-devouring form looming above is Mahakala, "Great Time." The cobra around Nataraja's waist is kundalini shakti, the soul-impelling cosmic power resident within all. Nataraja's dance is not just a symbol. It is taking place within each of us, at the atomic level, this very moment. The Agamas proclaim, "The birth of the world, its maintenance, its destruction, the soul's obscuration and liberation are the five acts of His dance."

De l'aube au crépuscule, la vie c'est la rue; la rue, c'est la vie. Tout y grouille, comme des têtards multicolores qui cherchent un sens à aujourd'hui, et seulement aujourd'hui. Demain c'est loin. Des voitures, des vélos, des motos, peu de casques, des charrettes tirées par des vaches, des vaches tout court, des camions, des bus, tout ce monde dans les deux sens, dans le bon sens et à contre sens, peu de marquage au sol, sur des routes bordées et débordées d'ordures, ponctuées de panneaux de signalisation tordus, de feux bancals, de publicité pour Coca-Cola. Les sens n'ont aucun sens. Aucune importance: 80.000 morts par an sur les routes. Mais le plaisir des sens, les bruits, les odeurs, et les couleurs. Surtout les couleurs: l'Inde, le pays où les femmes sont couleurs, drapées dans leur Saari, magnifiquement dignes. Le pays où la pauvreté est couleur aussi. 80% de la population gagne moins de 2 dollars par jour. A Mumbai, 15 millions de personnes dont 60% dans des bidonvilles. Ils seront 25 millions en 2010. Soit 10 millions de pauvres de plus, car comme dans toute démocratie qui se respecte, seuls les riches s'enrichiront. Et ça les riches l'ont sûrement déjà bien compris.

A choisir, j'aurais préféré que notre chauffeur écrase un américain plutôt qu'un chien. Comme celui à qui je prêtais du feu à la sortie de la navette entre les aéroports domestique et international de Delhi, une navette ou l'on entassait sans distinction les voyageurs et leurs bagages. "I work for Dell Computers" me dit-il. "Do you have any manufacturing sites in India ?" Lui demandais-je. "No, but we employ 9.000 people in this country. We have our call-centers here, and all of our softwares development. Cost is very important for a company like ours". Reprise de volé dans la surface de réparation: "it means 9.000 jobs flying away from US...!?" lui lançais-je. "Productivity is also better here" conclut-il. Je luis fait alors une passe: "Indian people you employ are also well paid thanks to company like yours...". Et lui de donner les chiffres: "Yes, they make between 5.000 and 8.000 USD per year depending on how long they've been working for us". Globalisation: ironie cynique du XXIème siècle, où le seul objectif valable d'aider au développement de pays moins avancés n'est absolument pas poursuivi. Réduction des coûts. Multiplication des coups. Au moral. En en parlant avec une indienne, trouvant géniale la globalisation en marche, je lui demandais d'imaginer le jour où, quand elle passerait un coup de fil à un service quelconque, quelqu'un basé au Laos lui répondrait, et quand elle ferait ses courses au supermarché du coin tous les produits seraient badgés 'Made in Cambodia'. J'ai lu dans ses yeux qu'elle venait de comprendre quelque chose.

L'Inde reste encore très proche de l'image floue et mélancolique que je garde des films de Fritz Lang "Le Tigre du Bengale (1958)" et "Le tombeau Indou (1959)". L'Inde est humaine, les indiens sont respectueux, gentils, et une flamme autre que celle de l'argent brille au fond d'eux. Rien à voir avec les chinois, aigris et déjà mentalement pervertis. J'ai presque envie de croire que les indiens sont heureux. Eux. Et tellement encore loin, me semble-t-il, de ce que nous sommes devenus: (transcrit de 'Fight Club', un prochain papier suivra):

"Like so many others, I had become a slave to the Ikea nesting instinct.
If I saw something clever, like a little coffe table in the shape of a yin-yang, I had to have it.
I’d flip through catalogues and wonder « what kind of dining set defines me as a person ? »
I had it all. Even the glass dishes with tiny bubbles and imperfections, proof that they were crafted by the honest, hard-working, indigenous peoples of…wherever."

J'atterris à Roissy à 5h45 du matin le samedi 14 janvier 2006. Je lutte contre le sommeil pour honorer un rendez-vous avec mon banquier à 9h00, histoire de l'engueuler sur la médiocrité du relationnel client à la BNP. J'apprendrai au cours de la conversation, riche d'enseignements pour lui, que quand vous les appelez sur leur 0.800, vous parlez avec quelqu'un quelque part en Afrique du Nord.

Faut-il aussi écraser les français ?

vendredi, décembre 16, 2005

SNAKE-FIGHTING-LIFE

Une adresse.

Postale.
La votre, votre adresse postale. Envoyez la moi, si vous souhaitez recevoir FOC (Free of Charge) le CD mis au point par Voiker pour entamer sereinement l'année 2006. Un petit puzzle musical très personnel.


Snake Fighting Life - 2006 Mind Attitude - Mind Altitude (Artwork click HERE)
Produit comdab par la filiale terrestre de Questionable-Things Production, d'ailleurs la seule agence avec des bureaux sur Hypérion capable de capter Radio Nova.

Pour recevoir le CD, click HERE.
Le seul prix à payer: vos commentaires après écoute.
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mardi, décembre 13, 2005

SILENT-HILL-POSTER-CONTEST

Un concours anodin. Auquel j'aurais bien participé, mais qui n'est accessible qu'aux humains résidants sur le sol américain. Réaliser le poster promotionnel du film Silent Hill qui sortira en avril 2006, avec tous les supports et une charte graphiques qui vont avec et qui sont téléchargeables sur le site de Sony Pictures. Et un réglement à respecter. Un réglement et des consignes. 'Guidelines' en Anglais.

Interdictionnellement votre:
1. No nudity or sexual activity
2. No gun to camera/no shooting to camera
3. No gun to victim/no shooting to victim
4. No more than 2 guns may appear
5. No reference to drugs/drug paraphernalia
6. No offensive language or gestures
7. No blood
8. No violence towards women
9. No cruelty to animals
10. No mutations/mutilations/cadavers
11. No excessive violence or brutality
12. No rape/molestations
13. No people on fire
14. No people in explosion/people blown out of explosion
15. No exploiting/capitalizing on rating (i.e., "R has never gone this far", "Banned in Boston")
16. No demeaning of religion, race or national origin


Eviter d'ouvrir les portes sur des commentaires croisés, du style (8) x (9) = " violence acceptable sur les animaux, et cruauté permise sur les femmes, alors ?" ... pourquoi les femmes, d'ailleurs, et pas les enfants ?

Impossible de ne pas lire entre les lignes les fondamentaux de la société américaine d'aujourd'hui: la civilisation pseudo-puritaine, criminelle, droguée, armée, post-traumatique du nine-eleven (pas de personnes dans des explosions, pas de personnes en feu).

"Just Don't show who we are..."

Cette civilisation américaine today, c'est:

Pour les violences criminelles:
un meutre toutes les 32,6 minutes
un viol toutes les 5,6 minutes
un vol toutes les 1,3 minutes
une agression sérieuse toutes les 36,9 secondes

Pour les violences contre les biens:
un vol de voiture toutes 25,5 secondes
de la casse toutes les 14,7 secondes
un larcin toutes les 4,7 secondes



Des statistiques qui sortent d'un site pathétiquement extrèmement bien fait disponible au FBI: Click HERE
Tellement détaillé, précis, concis.
Tellement américain.
Pour tout savoir sur qui tue qui, avec quoi, où, quand et pourquoi.
Le Que-Sais-Je du Cluedo, quoi.

jeudi, décembre 08, 2005

CYBERDISSIDENT

Un PDF à downloader.

Tout comprendre sur le pourquoi du comment du blog.
Le Guide pratique du blogger et du cyberdissident, conçut par Reporters Sans Frontières: "Les blogs passionnent, inquiètent, dérangent, interpellent. Certain les méprisent, d’autres les tiennent pour les prophètes d’un nouvelle révolution de l’information".

Extrèmement complet.
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jeudi, décembre 01, 2005

EN-TEMPS-DU

Je passe beaucoup de temps dans ma voiture pour aller et revenir du boulot. sans que ceci n'en soit un, de passe-temps. Après écrémage de mes différents voyages sur les ondes hertziennes, je conseille à ceux qui naviguent sur le périphérique parisien et ses affluents le menu suivant, qui instruit, et non détruit le cerveau:

- le matin, jongler entre OUI (FM 102.3) et NOVA (FM 105.9). On ne fait pas mieux. Je conseille surtout NOVA avec 'un autre matin est possible', la façon minimaliste dont les infos sont présentées, ainsi que la rubrique '2035' et les reportages de Brice Lee.


- Toujours le matin, s'arranger pour tomber sur le 'côté culture' de Vincent Josse à 7h24 sur France Inter dans le 7/9.

- Enfin, ne pas hésitez à se promener sur NEO (FM 95.2) quand la langue française chantée vous manque. Question langue française, ne pas râter la chronique 'Le mot de la fin' d'Alain Rey à 8h55 toujours dans le 7/9 de France Inter.

Le soir je "plus-que" conseille les émissions de Daniel Mermet sur France Inter à 17h00 dans 'Là-bas si j'y suis'. Enchaîner ensuite après la pause info avec 'Charivari', l'actu bouquin (et cinéma) de Frédéric Bonnaud de 18h15 à 19h00.

En fin de journée, si vous êtes gavé par une journée de travail, RMC est incontournable pour suivre l'actu du foot.

Tout ceci dit, je vous livre ci-dessous mes notes de radio, ces phrases lachées sur les plages hertziennes, que j'ai aimées au cours de l'année, et que j'avais notées:

- "Les gens accumulent les malheurs. Ils sont fabricants de malheur"
- "On n'arrive jamais pour les raisons qu'on avait de partir. On ne revient jamais pour les raisons qu'on avait de s'en aller"
- "Plus la ligne de chance sur la main est courte, et plus la ligne de métro pour se rendre au boulot est longue"
- "Evoquant Jésus marchant sur l'eau pour traverser le lac, Buddha aurait sûrement dit préférer donner une pièce au passeur pour le faire traverser et garder les pieds secs. Toujours privilégier le sens pratique qu'elle que soit la situation"
- "Capitalisme crasseux"
- "Au siècle dernier, i y avait moins de pollution lumineuse et de télévision, on voyait beaucoup plus les météorites"
- "Le détournement des cadavres est le passe-temps favori des proxénètes de la mémoire"
- "Rires et pleurs sont frère et soeur"
- 'Sibérie' vient de la langue mandchoue et veut dire 'territoire endormi'


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mardi, novembre 29, 2005

RAFON

Rafon...
...est le prototype même du Stakanoviste de l'auto-développement extra-professionnel, le Nicolas Hulot du challenge de la relation sociale sur Puteaux, l'Archimède de l'immersion dans les domaines de la culture physique et musicale, théorie et pratique, de jour comme de nuit, en Mégane ou en scooter. Cool et constructif à la fois (réfléchissez-y bien, regardez autour de vous, c'est pas forcément donné d'être les 2 à la fois) le Rafon -surnommé le 'grillon malade' par la serveuse du café du coin- enquille jour après jour depuis le début d'année les activités suivantes:
- cours d'Allemand (nouveau)
- cours de rock (nouveau)
- cours de Salsa
- cours de danse brésilienne (nouveau)
- cours de solfège (nouveau)
- cours de Piano (nouveau. Le piano vient d'arriver)
- entrainement d'aviron
- cours de théatre et matchs d'impro



Moi, je tire mon chapeau.
Son truc ?
Une approche long-terme et court terme de l'optimisation de la création du temps libre: pour l'approche long-terme, il a pas de télé. Pour l'approche court-terme, il est célib-à-terre these days.
Donc, en sus, il faut -aussi- qu'il assure des heures supplémentaires de chasse à courre dans les bars et clubs parisiens, histoire de dénicher celle qui lui réchauffera un jour les pizzas quand il rentrera du boulot (difficile de demander plus au foyer à une femme aujourd'hui).

Il faut aussi que quotidiennement il débugge mon cerveau cancéreux. Mais c'est mutuel. Merci quand même, Raph (!)

Raph, t'attaqueras quoi d'autre en 2006 ?

END OF TRANSMISSION -----

lundi, novembre 28, 2005

MAITRE-NOYEUR

Dans le dernier bouquin que je viens de lire, l'inimitable PK Dick fait rencontrer -et discuter (!?)- Joe Fernwright avec son propre cadavre en état de décomposition, en train de dériver au fond d'un océan. J'en profite pour faire un petit aparté musical puis visuel sur la noyade, parce qu'on a tous fait le noyé au fond d'une piscine ou d'une baignoire, qu'on y est resté subjugué par l'irréalité de l'environnement et l'imposante majesté du silence, et que j'ai de quoi faire pour terminer ce message par une petite expérience unique.

Je ne me souviens pas avoir lu un poème d'un auteur 'classique' sur ce sujet. Si vous en connaissez un, je suis preneur.

Les images abondent, les yeux noyés de larmes, tout en noyant mon chagrin dans l'alcool.

Le 'Grand Bleu' n'est-il pas finalement la chronique d'une noyade annoncée ?


Trisomie 21 évoque l'idée de perdre pied, de se noyer, dans "Il se Noie".

Mais il se noie
Trottoirs craquelés
Désespoirs cachés
Sous des tonnes d'éclats de rire
Se cognant contre les années
Infiniment traînées
Aimées et haïes
Mais il se noie
L'été, l'automne
Le blanc, le noir
Tout s'oppose
Mais, je ne suis pas libre
Cette petite blondasse
Sur le trottoir d'en face
A portée d'amour
Mais pourquoi toujours?
Mais il se noie
Elle me chuchote
L'argent, la misère, autrui
Un parfum de vengeance
Un avant-goût de délivrance
Mais il se noie


R. Smith l'évoquait également dans "the drowning man"

She stands twelve feet above the flood
she stares alone
across the water
The loneliness grow and slowly
fills her frozen body
sliding downwards
One by one her senses die
the memories fade and leave her eyes
still seeing worlds that never were
and one by one the bright birds leave her…
Starting at the violent sound
she tries to turn but final noiseless
slips and strikes her soft dark head
the water bows receives her
and drowns her at its easy
drowns her at its easy
I would have left the world all bleeding
could i only help you love
the fleeting shapes so many years ago
so young an beautiful and brave
Everything was true it couldn't be a story
I wish it was all true i wish it couldn't be a story
the words all left me lifeless hoping
breathing like the drowning man

Oh Fuchsia - you leave me breathing like the drowning man


L'artiste cherche dans de nombreux cas de figure, figures de style, à se rapprocher de la mort, s'y familiariser, pour lui et pour nous. Que ce soit dans un travail musical, littéraire, ou étonamment visuel. Au lieu de faire le maitre-nageur sur une plage de Floride, cliquez l'expérience de maître-noyeur dans les eaux troubles de . . . . . . . . . . . . . la mer morte ? (by Aaron Clinger and Miltos Manetas)






jeudi, novembre 17, 2005

LIFE

Ça vous rappelle quelqu’un ?



you'd better change everything

Starting HERE

METAPROGRAMMING

The Metaprogramming Circuit is activated when the brain becomes aware of itself as engineer of experience. When you think of your mind as mind, then think of the mind that contemplates that mind as mind, then think of the mind that thinks of the mind contemplating mind as mind, you have discovered the path to metaprogramming consciousness. Most methods of 'enlightenment' function by leading you around and around in circles until you are struck by the realization that you are yourself responsible for everything you experience. With the aid of this circuit, one becomes self-programmer, then programs the self-programming, then programs the programming of the self-programming, etc.--cybernetic consciousness has been attained. Suddenly one is struck by the humorous, completely relative nature of all third-circuit reality maps; rigid, dogmatic systems claiming to have the only 'One True Way' become cosmic jokes to be laughed at heartily. The Grand Game becomes visible all at once; creating your own rules, changing them at will, even manufacturing different gameboards for entertainment and edification is what Circuit Seven is all about.

Apparently operating from the frontal lobes, the metaprogramming circuit has been called the Gnostic 'soul,' the Chinese 'no-mind' (wu-hsin), the Tibetan Buddhist White Light of the Void, the Hindu Shiva-darshana, Gurdjieff's True Intellectual Center. When you ultimately realize that the 'self' is not constant but constantly shifting and that the 'soul' (Circuit Seven) has no form precisely because it dons all forms and sheds them at will, playing every role conceivable--you find you have entered a Strange Loop no less perplexing, dramatic, and funny as a Zen koan. All that remains to be done is to constantly figure out new ways to create reality-maps that are even funnier, sexier, more inclusive, more delightful, and more entertaining than the ones you were using yesterday!

END OF TRANSMISSION -----

mardi, novembre 15, 2005

JESUS-IS-A-ROBOT


Jesus is a robot.
That is, a human creation.


«L’existence de Jésus n’est aucunement avérée historiquement. Aucun document contemporain de l’événement, aucune preuve archéologique, rien de certain ne permet de conclure aujourd’hui à la vérité d’une présence effective à la charnière des deux mondes abolissant l’un, nommant l’autre.
Pas de tombeau, pas de suaire, pas d’archives, sinon un sépulcre inventé en 325 par Sainte Hélène, la mère de Constantin, très douée puisqu’on lui doit également la découverte du Golgotha et celle du titulus, le morceau de bois qui porte le motif de la condamnation. Une pièce de tissu dont la datation au carbone 14 témoigne qu’il date du XIIIème siècle de notre ère et dont seul un miracle aurait pu faire qu’il enveloppe le corps du Christ plus de mille an avant le cadavre putatif… Jésus nomme l’hystérie d’une époque, cette croyance qu’avec sa seule bonne volonté et son action entreprise au nom de Dieu, on part victorieux et l’on vainc… Jésus nomme le refus juif de la domination romaine… A l’évidence, considérer les textes évangéliques comme des textes sacrés dispense d’une étude comparative qui relativise le merveilleux testamentaire pour l’installer dans la logique du merveilleux antique, ni plus, ni moins. Le Jésus de Paul de Tarse obéit aux mêmes lois du genre que l’Ulysse d’Homère, l’Apollonios de Tyane et Philostrate ou l’Encolpe de Pétrone : un héros de péplum…»

Michel Onfray – Traité d’athéologie - Grasset – 2005
Read more in Junorey - HERE

Top animated Gif based on original work found on worth1000.com
END OF TRANSMISSION -----

samedi, novembre 05, 2005

CECI-N'EST-PAS-UNE-PIPE


« …..Si les holocaméras pouvaient transmettre avec une résolution correcte, par micro-relais et lignes I.T.T. comme les plus anciens…

- Si Arctor, Luckman ou un autre freak me voient entrer dans l’immeuble, j’utiliserai le vieux gag : je saute une nana qui habite là. Ça ne compliquerait pas vraiment les choses ; en fait, ça réduirait le temps qu’il passait en déplacements non indemnisés, et ça, ça comptait. Il pourrait se trotter en douce jusqu’à l’appartement, passer ses enregistrements, relever les éléments significatifs qui devraient figurer dans ses rapports et éliminer les autres, puis retourner en vitesse à la…
…à ma propre maison. Celle d’Arctor. En haut de la rue, je suis Bob Arctor, le toxico placé sous surveillance à son insu, et tous les deux jours, je trouve un
prétexte pour filer à l’appartement du bas de la rue, où je deviens Fred, qui se passe des kilomètres et des kilomètres de pellicule holo afin de suivre mes actions, et tout ça me déprime. Sauf la protection – et les précieuses informations personnelles – que ça me procurera….. »

Philip Kindred Dick - A Scanner Darkly - 1977


Si vous voulez vous faire peur et ensuite sortir de la matrice, lisez cet article et tentez l'expérience avec une bonne injection de Google. Pointez l'aiguille dans le cerveau.


Cliquez ci-dessous et savourez (en attendant) votre propre liberté .... provisoire

vendredi, octobre 21, 2005

IMBRICATIONS

C'est parfois déstabilisant, ou réinforçant, de voir comment des éléments éparpillés dans les méandres du 'what I am' peuvent venir s'imbriquer les uns dans les autres pour faire ressortir, l'espace d'un réflexion, toute la dimension de son propre univers intérieur. Et de ce dire que -finalement- tout colle. Que toutes les pièces du puzzle, dans toutes les dimensions, s'imbriquent, quel que soit le sens dans lequel on les prend. D'autant plus déroutant quand cette réflexion part de zéro pour aboutir sur l'infini, un peu comme quand on tire sur un fil qui traîne par terre dans son salon et qu'il vous fait découvrir toutes les poussières cachées sous le tapis.


Folon est décédé hier. Ça produit forcément un petit serrage mélancolique au niveau du cœur. Vous comme moi vous êtes forcément trouvés face à lui a long time ago, tombé poétiquement sur le générique de début ou de fin des émissions d'Antenne 2. Des couleurs oranges et purple, des hommes avec chapeau qui volent sans effort.

Je me suis toujours demandé si son but original ou ultime était de faire voler le Magritte ci-après. Enfin, c'est mon association graphique d'idées qui veut ça.

Mon but initial à moi, c'était simplement de saluer la qualité de son imaginaire graphique dans ce message. Et de partager ensemble une certaine mélancolie, et de se demander comment appréhender le mouvement dans l'absence. La présence de l'absent. Car les hommes volants de Folon continuent de battre des ailes quand le cœur du créateur lui ne le fait plus. La présence de l'absent, c'est un sujet que j'aime bien. Je me rappelle une discussion que j'avais eu avec Alan D., architecte, qui avait réalisé la conception et la réalisation d'une maison très moderne pour un client, avec au cahier des charges la volonté de s'inspirer quelque part d'un architecte japonais dans le travail de fond sur la déstructuration des espaces. J'étais resté fasciné par la place importante que pouvait prendre l'absent, c'est-à-dire l'architecte japonais, dans la relation finalement à trois entre Alain et son client. Une question de point de vue, évidemment. Mais fascinant.

Passer de Folon à Alain est une imbrication de géométrie proche: les parties communes des 2 pièces étant le thème de la présence de l'absent. Pour venir illustrer ce message, je m'étais dit avant de commencer à le frapper que j'allais chercher une image d'un homme volant de Folon, et un dessin de Magritte: imbrication géométrique interchangeable pour moi. Pièces à périmètre équivalent. Et c'est dans Google que je tombe sur une imbrication géométrique aléatoire: les pièces qui structurent d'un seul coup le puzzle complet, toute les pièces, l'espace d'un instant, dans une configuration aux multiples perspectives, comme dans un kaléidoscope.

Si vous tapiez 'Folon’ dans Google Images, vous auriez comme moi trouvé aux hasard des pages le poster suivant, version française de l'affiche promotionnelle du film Stalker (1979) de Tarkovsky. S’il l'a fait, c'est qu'il aimait. Et c'est ici que la pièce s'imbrique, car j’apprécie Tarkovsky, notamment pour sa version en 1972 de Solaris (*1) et de sa version très personnelle du roman des frères Strugatski qui porte le même nom. Pour ceux qui s'intéressent généralement à la Science-Fiction, et plus particulièrement à la fois à la science-fiction soviétique et au cinéma soviétique, je recommande la lecture de cette analyse poussée du film.

La boucle est bouclée, j'arrête un instant de tourner le kaléidoscope: à l'âge où je regardais les hommes oiseaux de Folon planées dans le tube cathodique, Folon déjà travaillait pour des gens qui font partis de mon univers intérieur d'aujourd'hui. L'ayant ignoré jusqu'à maintenant, existe-t-il néanmoins une influence des dessins de Folon que je voyais à 10 ans sur les goûts et couleurs qui se sont amalgamés en moi jusqu'à aujourd'hui ? M'ont-t-ils prédisposé à être qui j'essaye d'être aujourd'hui ? Ont-ils orientés certaines de mes molécules vers les grands espaces?

(1*) Solaris est un pur chef d'oeuvre de Stanislaw Lem, auteur polonais de science-fiction. Un chef d'oeuvre en entraînant un autre, Tarkovsky en a fait un film d'une force dénudée éblouissante. J'ai découvert ce film en 96 à Tokyo, dans sa version originale soviétique, sur les conseils d'un ami designer, pour qui se film dépassait la portée de Blade Runner. Pour qui également Neuromancer de Gibson était l'un des chef d'oeuvre de la littérature de science-fiction du XXème siècle dans le domaine du cyber-punk. Les petites histoires font souvent les grandes émotions. Cet ami me conseilla de bien noter que dans le film, tournée en 1972, Tarkovsky s'était rendu à Tokyo pour tourner une très longue séquence en voiture, les autoroutes suspendues de la métropole japonaise étant -à l'époque- ce qu'on faisait de mieux pour faire circuler l'humanité dans une certaine réalité futurustique des mégalopoles. Encore des imbrications...


jeudi, octobre 20, 2005

PEAU-AIME (1)

Pourquoi que je vis
Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D'une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D'un pointu du port
Pour l'ombre des stores
Le café glacé
Qu'on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l'eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c'est joli.

Boris Vian

mardi, octobre 18, 2005

TODAY


Above animated-gif based on original picture by Blandineh.
Le Design du blog commence à me plaire. Dans le bon sens de l'expression. J'en profite donc pour lancer les amarres, j'attrape un oiseau en bord de mer, lui arrache une plume et la fait mienne. Pas suffisant pour voler. Juste assez pour s'envoler? Et de me demander comment on commence, et de sentir peut-être l'angoisse de JJ Burnel.
"Bonsoir
Ton véhicule n'a pas l'air d'avoir de passager
Peux-tu,
Veux tu me recevoir,
Sans trop te déranger ?
Mes bottes ne feront pas trop d'échos dans ton couloir
Pas de bruit avec mes adieux
Pas pour nous les moments perdus
En attendant un incertain au revoir
Parce que j'ai la folie"

dimanche, septembre 25, 2005

USERS-GUIDE

Je n’ai toujours pas mis mon blog en ligne. Je ne suis pas en retard. Sauf peut-être par rapport à l’impatience que j’ai à le faire découvrir. Plus j’avance dans la conception du blog, plus les choses se complexifient. Ce blog s’intensifie, de multiples portes s'ouvrent en moi ; qui donc pourra, sinon suivre les chemins, tout du moins en faire l’inventaire ? Je voulais depuis quelque temps construire un site web, mais j’ai opté pour la structure blog, avec dans l’idée de fondre les deux structures en un immense blog-site fait de dédales et d’interactivité. Donner quelques clefs s’impose, tout du moins pour vous faciliter l’excursion.
La première clef, c’est probablement de se poser des questions. La seconde, c’est de comprendre le système de liens : une partie de ceux-ci sont internes, et vous mènent depuis la plateforme centrale WIWILBARYU vers différents plateaux du projet. D’autres sont externes et viennent blinder les thématiques approchées. Je ne peux envisager un blog pour donner une opinion à un instant [T]. Une telle information est incompréhensible sans connaissance de ma mécanique interne; peut-on comprendre une phrase sans connaître la bouche d'où elle sort, sans connaître celui qui en articule les lèvres, sans connaître l'esprit qui en forme les mots, sans connaître la volonté derrrière les idées ? .
Mon blog-site part -...aux dernière nouvelles...- à la conquête de deux univers diamétralement opposés pour les gens trop linéaires, mais j’aime à mettre dans une même perspective et un même sens de progression des tunnels qui partent derrière moi avec ceux qui se dessinent devant moi. Le futur n’est en fait que les premiers balbutiements du passé.
La justesse de l’expérience découle directement de la justesse de l’expression, écrite et visuelle. Rien ne sera donc gratuit dans les coursives de mon blog-site. Rien. Décollage imminent.

mardi, mai 11, 2004

BLOG-CREATION

Attended by me, myself and I. Time will proove if all this is meaningful or not.

WHO KNOWS ?