vendredi, janvier 25, 2008

mercredi, janvier 23, 2008

JULES-PASCIN



"Je suis un maquereau, dit-il, j’en ai marre d’être un proxénète de la peinture... Je n’ai plus aucune ambition, aucun orgueil d’artiste, je me fous de l’argent, j’ai trop mesuré l’inutilité de tout."
[ dernière lettre à Lucy, sa compagne ]

2 juin 1930 - Un peu après quatre heures du matin. Pascin, rentré chez lui, tire soigneusement les rideaux et s'ouvre les veines du poignet. La mort ne vient pas. Alors, exsangue, épuisé, il se pend à la poignée de la porte.

vendredi, janvier 11, 2008

WEIRD-FISHES-ARPEGGI

In the deepest ocean/ The bottom of the sea / Your eyes / They turn me / Why should I stay here? / Why should I stay? / I'd be crazy not to follow / Follow where you lead / Your eyes / They turn me / Turn me on to phantoms / I follow to the edge of the earth / And fall off / Everybody leaves / If they get the chance / And this is my chance / I get eaten by the worms / Weird fishes / Get picked over by the worms / Weird fishes / Weird fishes / Weird fishes / I'll hit the bottom / Hit the bottom and escape / Escape / I'll hit the bottom / Hit the bottom and escape / Escape


mardi, janvier 08, 2008

ADEQUATE


Adequate (c) Voiker
Canvas painting
Cambrai, Sept. 2007
500 x 400 (mm)

jeudi, janvier 03, 2008

HAPPY-BIRTHDAY

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon frère.
Cette année encore, il aura quarante et un ans. Cette année encore, les années passent, les années passent et je le rattrape, je le rattrape et je serai bientôt plus vieux que lui, dans moins de deux ans si les années passent encore.

Je fume des clopes à sa place.
J’écris à la mienne.

Rien n'a jamais été Ordre et Beauté, Luxe, Calme et Volupté.

jeudi, décembre 27, 2007

N.O.O.T.I. -(10)

La grande majorité, pour ne pas dire la totalité –puisque ceux qui n’en émettaient pas l’idée n’en formulaient pas expressément une autre- des personnes à qui j’ai expliqué être en train d’écrire un roman, m’imaginait –et peut-être alors les ai-je déçus- écrire la nuit.

Je pense que le fait d’écrire un roman ouvre d’abord en eux une fenêtre sur l’image spontanée –enfantine, et pas vraiment réfléchie- de l’univers mythique d’un écrivain, et qu’ils ne conçoivent ce dernier s’adonner à son activité –passionnante- que de nuit et à la lueur d’une bougie. Je pense également que le travail de la pensée maniée d’une façon aussi volontaire qu’au travers de l’écriture s’apparente en eux à faire travailler son imaginaire, et que ce terme s’associe avec naturel aux rêves et à l’inspiration, conforme à cette non-visibilité du monde pendant la nuit qui garantit un travail éclairé de reconstruction du monde par l'esprit –une idée très abrutie puisque la création de l’esprit ne nécessite aucun éclairage, hormis celui directif qui s’apparenterait à une tentative de l’orienter).

Je pense également que l’activité d’écrivain ne peut être considérée par eux comme une activité diurne, tant leur quotidien ne laisse pas de place à la réflexion, d’une part, et tant un quotidien fait d’écriture tel qu’il pourrait le percevoir ne peut se remplir par ce qu’ils estiment probablement être du vide, ce quotidien de l'écrivain ne nécessitant peut-être ni interaction avec autrui, ni déplacement du corps ; l’écriture se doit donc d’être prise sur la partie nocturne d’une vie, celle-ci par définition n’étant ni favorable à la rencontre de qui que soi dans la rue, ni à une quelconque obligation de se déplacer, les magasins et les bureaux étant fermés.

Donnez-moi d'autres raisons multiples pour les comprendre / de les comprendre.


Not Out Of The Inn (numéro -10-)

mardi, décembre 18, 2007

N.O.O.T.I. -(09)

Pleurer, non pas de ces larmes tiédies par le petit bout de chemin qu'elles parcourent en glissant, sous mes mornes yeux cernés, solitaires et mendiantes; pleurer de celles inexistantes d'un regard intérieur attardé sur la douloureuse flamboyance des mirages de l'existence au travers du mirage de ce même regard.
Garder ainsi (au minimum) cet oeil impitoyable sur soi-même.

Lire Fernando Pessoa.

"rendre purement littéraire la réceptivité de nos sens; et les émotions, si leur apparition risque de nous amoindrir, les convertir alors en matériau simplement apparu pour en faire naître des statues sculptées en phrases fluides et scintillantes..."

[Le Livre de l'Intranquillité] [L.I. 388]


Not Out Of The Inn (numéro -09-)

mardi, décembre 11, 2007

N.O.O.T.I. -(08)

Je suis arrivé à l'auberge, hier soir, enfin; un 'enfin' que je suis le seul à comprendre et dès lors je ne peux le partager. Je suis définitivement installé de manière temporaire dans une maison que je découvre telle qu'elle fut, telle qu'elle est, selon le degré de rénovation de la pièce où je me trouve, une maison qui s'allonge dans les hauteurs, de la cave jusqu'au second étage, en empruntant un escalier étroit et raide, qui mène jusqu'à ma chambre d'adoption dans les combles pour les trois mois qui viennent. Seul dans une grande maison de bord de mer. Je comble les combles, et le roman que j'ambitionne d'écrire ici comblera quelque chose en moi, avant de peut-être combler un jour quelque chose chez d'autres, ou de combler tout court. Un grand merci et toute ma gratitude à Alain et Stéphanie qui me louent leur maison pendant cette période.

Je continue bien sûr à faire vivre mon WIWILBARYU, mais vous me trouverez plus présent dans le quotidien de cette interlude sur Quelques Matins du Monde, en ligne depuis ce matin.

Plus présent, dans un quotidien à priori absent des lignes de ma main; mais dans la vie peut-on oser faire autrement ?


Not Out Of The Inn (numéro -08-)

jeudi, décembre 06, 2007

PILE-ET-FACE-AUTOUR-DU-CENDRIER

[Léna , merci, pour ce petit travail en commun]

La dernière cigarette, celle que toi et moi fumons là, l’un en face de l’autre, assis sur les chaises métalliques à la terrasse d’un café qui ne se souviendra pas de nous. La dernière cigarette, et non pas ‘les’ dernières cigarettes, même si la tienne et la mienne feraient deux en les additionnant; mais ne sommes-nous pas déjà chacun dans un monde séparé, nos mondes séparés depuis le début en fait, deux mondes qui se sont rapprochés si vite, si fort, si bien, que la conscience du danger qui se profile (tellement attirant en fait) nous a fait décider, dans la douleur -celle de ressentir si fort un possible futur (qui n’aura jamais lieu)- de s’arrêter là. La fumée de ma cigarette s’échappe, tranquille ; le temps qu’elle mettra pour se consumer n’a pas vraiment d’importance.

La fumée de sa cigarette s’échappe, tranquille; nous avons tellement fumé ce soir ; moi, plus que lui. Je les ai fumées les unes après les autres, sans les compter, sans me rationner. En aspirant lentement, devant lui, comme on aspire des bouffées d’air frais. Entre deux ronds de fumée, je lui ai affirmé qu’il me serait très facile d’arrêter. La preuve en était mon étendard brûlant entre les doigts. Malaise et interrogation dans son regard, petit sourire en coin pour moi. Propension à provoquer gentiment. Délicieux poison… Celle que je serre entre les doigts là, maintenant, est différente des centaines que j’ai pu fumer, auparavant. Le briquet allume la dernière cigarette, le conte de fée vit son apogée, le compte à rebours s’amorce. 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… Et le tant m’échappe, je suis dans un sablier que la main du destin n'a de cesse de retourner. Je voudrais être le grain de sable mutin, celui qui reste accroché à ce monde qui lui appartient. Je regarde la cigarette se consumer, se désagréger, se transformer en cendres. Je fais diversion en entortillant mes cheveux… La dernière cigarette devant lui, ultime cigarette qui se consume en sa compagnie… Elle me brûle de là- jusqu’à -là. Tout un monde meurt dans et à partir de ce cendrier.

Notre dernière cigarette ensemble, et après tout pourra bien s'écrouler. Il n’y a plus ni urgence ni stress au sein de cette dernière durée qui nous unit ; une cigarette entre deux de mes doigts, ceux de l’autre main qui articulent lentement un rythme inaudible sur le métal de la table ; une cigarette entre deux de ses doigts, son autre main qui remonte une mèche rebelle une fois, deux fois, trois fois, puis attrape une autre mèche de cheveux, la fait courir de toute sa longueur au dessus de ses lèvres, et elle évoque alors pour moi un d’Artagnan dans le corps surprenant d’une femme et qui lui appartient. Chaque regard que je pose sur elle, seconde après seconde, se marbre d’un besoin d’éterniser son souvenir, comme le plongeur en apnée vide et remplit ses poumons abondamment avant de disparaître dans l’océan. Dont je ne remontrai pas. Se laisser me suicide quelque part, je tue celui que j’aurais pu être avec elle, celui qu’elle aurait pu avoir blotti près d’elle sous un tapis de feuilles de novembre, celui qui aurait voulu la voir sourire encore, encore, encore et encore, celui qui aurait… Celui qui aurait. Je la regarde : son corps, ses traits, ses yeux qui partent et reviennent, ludiques, ses yeux qui invitent à tout se dire et à se quitter en même temps.

Je n’arrive plus à fixer mon attention, je sens mes yeux qui partent vers lui et qui reviennent, j’ai envie de tout lui dire mais il faut nous quitter en même temps. Je le regarde se lever pour aller payer, je lui souris. Mon sourire sera, de moi, sa dernière vision. J’attends qu’il soit de dos pour me lever et commencer à partir. Mes gestes sont lents, je le scrute une dernière fois, afin de sculpter mes futurs souvenirs. Ce blouson qui me plait tant, parce que le sien. Mon dernier voyage vers lui. Il y a beaucoup de monde au comptoir qui attend, il patiente et ne se retourne pas. Il suffirait qu’il se tourne à demi, comme à demi-mots pour m’inviter à rester, et je n’aurais pas le courage de m’en aller, je ne saurais résister. Mais parait-il, il le faut… Sa manière à lui de me laisser raccrocher, décrocher. Une larme naissante me dicte de partir ; je ne supporterais pas qu’il la voit… L’une de celles que je suis ne pleure pas, elle crée juste un sourire dans la nuit. Cette cigarette dernière, unique, résumerait bien des choses, l’histoire d’une faim et d’un départ. L’une a envie de vivre de bout en bout. Mais un flot lacrymal immense m’emporte loin, loin de lui.

Je suis retourné au comptoir, j’ai payé, à mon retour, elle n’était plus là. elle a rangé sa chaise sous la table, j’imagine la dernière seconde de ses mains sur le dossier, son regard peut-être cherchant un dernier contour qui m’appartient, au travers de la vitre, le dos tourné. Je vivrai encore de longs mois avec les souvenirs que j’aurai en moi de ce futur que nous aurions pu être. Je l’aimerai encore à ma façon, de cette façon. Si c’est le verbe qui convient. La pluie se met à tomber, éparse, la lumière du jour faiblit, j’ignore si son départ y est pour quelque chose ; les gens s’effacent dans la rue, certains perdent leurs ombres maintenant. Je ne sais plus trop que faire de ma fin de journée. Elle est partie.

Je l’ai laissé seul, comme lui m’a laissé ainsi aussi ; J’attendrai avec patience, le jour d’après, celui d’une prochaine cigarette, peut-être en sa compagnie… Le jour où l’un et l’autre serons prêts pour un sentiment absolu. Cette journée portera un nom, celui d’une saison, la saison que j’avais temps espérée... Et si…, des si, des non, des jours manqués, ce manque, se manquer… Je ne sais pas, je n’ai jamais rien su, et je ne sais que vivre. La survie, je la laisse pour ceux qui se figurent tout avoir.




mardi, décembre 04, 2007

CONRAD-VEIDT

Conrad Veidt (danse)



lundi, décembre 03, 2007

N.O.O.T.I. -(07)

J’aurais aimé être une femme, les choses seraient-elles à refaire. Et tout en me formulant, je mesure le poids des temps employés dans cette courte phrase rythmée d’une virgule, et j’oscille entre l’écrasement d’une idée qui n’en sera jamais qu’une, et cette puissante liberté infinie que nous avons tous à pouvoir exprimer et presque vivre, (hélas) souvent, dans le regret, ce que l’on appelle si communément une idée.

Tout est création, et je réfléchis intensément quand j’écris une chose aussi banale ; création dans la beauté quasi mystique de tout cet univers diffus qui gît en moi et qui motive ce qui émergera de moi, dans quelques secondes, dans quelques heures, dans quelques mois. Et je me rêve à pouvoir exploser de ce don ultime qu’est le don de soi, m’ouvrir jusqu’à l’essence même de l’essence qui m’est, dans l’intense sublime, le crucial de la définition de l’existence, avoir la conscience de l’instant où je serai la naissance d’une œuvre, une œuvre qui viendra de moi, quand mon corps se mariera avec le sien, que l’univers me traversera et que je saurai désespérément que je crée un pas de plus vers l’éternité et le dérisoire, et que des mois plus tard, naîtra l’œuvre d’art issue de cet instant intangible.

De la beauté de l’idée, de la beauté de l’émergence, de la beauté d’œuvrer dans le sens de la vie, d’être celle qui est et qui fera devenir.

Je ne dis plus rien, car la suite ne vaut plus rien. La lassitude du puit sans fond de mes sentiments lorsque je vois ces œuvres d’art l’arme à main, les bains de sang, l’arrogance identitaire, l’appétit de pouvoir, la petitesse fortifiante, les coups bas, l’appât du gain, la méchanceté à tout âge, la soif d’échec pour les autres ; l’horreur des pensées humaines.

J’en arrive à la certitude que la vie se déteste elle-même.


Not Out Of The Inn (numéro -07-)

samedi, décembre 01, 2007

NY-2008

Comme chaque année s'annonce l'heure de grands moments privilégiés, celui (1) du temps que je m'accorde pour préparer ma carte de voeux, anticipant (2) celui où mes proches et mes lointains la découvriront. Chaque année la même constance: comment faire pour arracher les gens à la torpeur d'une vie ? (*) (**)

N'oubliez-pas de m'envoyer votre adresse postale si vous en voulez une dans votre boîte aux lettres (la vraie, celle à gauche de la grille)

(*) Je préciserai que cet effort est vain, que j'en suis conscient, qu'il s'applique à moi-même, que j'ai des moments de lucidité rares mais plus fréquents.
(**) Cet effort permet à beaucoup de gens de se rassurer eux-mêmes en pointant du doigt ce qui restera pour eux une carte à ranger dans les cartons de la provocation.



Premier modèle pour 2008



En rappel pour ceux qui ratèrent les années bloguées précédemment:

vendredi, novembre 30, 2007

CHEVALBLANC

S’il vous arrive encore de vous perdre, parfois, si vous trouvez le moyen temporaire d’arriver à cet état d’âme délicat de laisser vos certitudes de côté pour frôler par de nobles sentiments les impressions mélangées du minimalisme des choses et du temps, si votre esprit sait encore s’ouvrir modestement sur la pureté d’une découverte anodine comme un enfant qui croise pour la première fois un merle, un vers de terre ou une limace au fond du jardin, s’il vous reste un soupçon de liberté vis-à-vis de vous-même pour prendre votre voiture et rouler quelque temps, la laisser à l’entrée chaotique d’un champ, et décider de marcher au hasard de la route qui sinue à la lueur du matin entre de vieilles bornes kilométriques que le temps a fait lentement pencher vers une direction que seuls les animaux du coin comprennent un peu, que vous respirez dans l’anonymat complet et libérateur les odeurs d’humus, d’herbe mouillée, du brouillard sirupeux qui se lève, alors peut-être seulement vous rendrez-vous compte que cette croix faussement hautaine et profondément lézardée sur la petite butte du calvaire vibre doucement des milliers de prières que ceux qui s’y agenouillèrent lui confièrent par la pensée, qu'en arrivant au premier village les pavés de la rue faussement principale tentent, si vous les observez longuement, épaule contre épaule, de se rehausser mutuellement pour remplir leur rôle humblement avant le début de la journée, que les fumées qui s’échappent déjà vers six heures du matin du toit des chaumières parfument simplement le temps qui passe, et que le cheval blanc qui feint de ne pas vous attendre à l’entrée du village est autre chose qu’un élément du paysage, et qu’il vous conterait bien d’autres petits poèmes qu’il compose quand il s’abreuve à l’eau du puit, si d’aventure vous vous rappelez que vous saviez parler son langage.
Jérôme Suzatplessy, les doigts sur sa guitare, plus timides peut-être encore que les vibrations de sa voix ou le souvenir que l’on garde pour soi de certains de ses brefs regards, est ce Cheval Blanc qui connaît l’histoire de choses qui ne se racontent que rarement, ou mal, ou pas. Son univers est fait de sentiments et de références qui s’entrecroisent sans se mesurer ni se battre, il parle avec les arbres, étonne par sa simplicité d’enfant, crée en vous des réponses en questionnant lui-même le sens de l’assemblage des mots. Il pourra même vous ramener à votre voiture, sans même connaître le chemin. Peut-être les bornes kilométriques auront-elles changé d’orientation. Dans votre tête, la résonance de ses chansons, de ses mots rien qu’à lui : « le désordre est un départ, est une histoire, est une oeuvre d’art, face au bateau-phare ».

Petit travail au cinquième étage
Voiker au piano, Chevalblanc aux guitares

mercredi, novembre 28, 2007

N.O.O.T.I. -(06)

Le monde que je vis est insipide comme ce monde mort dans lequel je vis. De nos jours:
Tout est art.
Tout est vraiment art.
Tout est vraiment trop tard.

Ne me dites pas que vous ne vous en rendez pas compte.
Même si nous ne parlons pas des mêmes détails.


Not Out Of The Inn (numéro -06-)

mardi, novembre 20, 2007

N.O.O.T.I. -(05)

WW-Wanchai-IF6 le sommeil aidant, et sentant ses paupières plus lourdes que le bois de la table: "Bon alors on fait quoi - in the inn? (nous aussi on veut écrire)" S'offusqua-t-elle poliment...

Petit divertissement en attendant les douze coups de minuit, que j'aime beaucoup (évidemment). Je lance le premier alexandrin sur la table, et tout le monde complète avec sa chope à la main: un seul vers à la fois, interdiction d'écrire un second vers tant que quelqu'un d'autre n'a pas laissé un vers après le sien. Tentons de construire 4 strophes de 4 vers...

Dans l'auberge animée, en silence j'observe (Voiker)
Les regards et capte parfois certains non-dits. (Moon)
Tout le monde, comme moi, attend qu'on le serve (Maximilien)
et nourrit en secret le rêve d'un jeudi. (If6)

Pendant que dansent au mur les ombres des torchères, (Sheppard)
Au menu: décrire les "choses" de la vie ... (Moon)
Ma vie soudain se dévoile plus lente et plus claire, (Voiker)
Un rêve débordant des sonnets de la nuit. (If6)

Sur mon carnet, j'inscris l'instant, ces quelques mots: (Moon)
"Qu'adviendra-t-il demain des rêves d'utopie ?" (Sheppard)
Un lézard saoul s'attable et me tire son chapeau: (Voiker)
"fouille dans ta mémoire, souviens toi qui je suis." (Moon)

Dans l'auberge ravivée par leurs plumes obscures, (K)
Leurs ombres s'affolant sur les plafonds, les murs, (Voiker)
Ceux, égaux, qu'un pareil enthousiasme traverse (K)
Se lèvent et clament en coeur ces quatrains qui nous bercent. (Sheppard)


[MERCI A TOUS !!! Voiker, le premier décembre deux mille sept]


Not Out Of The Inn (numéro -05-)

dimanche, novembre 18, 2007

N.O.O.T.I. -(04)

J'envie ce soir l'assurance dans la voix, la certitude de penser juste, la conviction quasi-religieuse avec lesquelles ma mère ne doute pas une seule seconde que mon projet d'écrire un roman est un doux rêve, que je n'ai aucun talent littéraire et que ce n'est pas avec 'ça' que je vais vivre.

Je sais qu'il est possible de vivre avec 'ça', quel que soit d'ailleurs ce 'ça', même quand parfois certains 'ça' peuvent être durs à vivre. Et si cette envie d'écrire est une maladie que je fais mienne, il faudra bien que tous s'en accommodent; c'est une certitude...



Not Out Of The Inn (numéro -04-)

vendredi, novembre 16, 2007

N.O.O.T.I. -(03)

Le sentiment est très paradoxal, et pourrait se comparer, la chose fut-elle possible, à un bain dans une eau à la fois chaude et froide, un liquide non pas tiède, mais bien une sensation plasmatique qui marie ses extrêmes, cohabitation des températures, sans pour autant les affaiblir l’une et l’autre ; chacun des livres que je lis le soir avant de sombrer dans le noir me conforte dans l’idée que (1) mon niveau d’intelligence, la pertinence de mes pensées et ma capacité de concentration sont à jamais ancrés dans les tréfonds communs à la multitude et que je n’atteindrai jamais par moi-même, et surtout en moi-même, ni les pensées, ni la qualité de formulation des auteurs que je tiens entre mes doigts ; (2) que j’ai la chance d’en être conscient sans aucune aigreur, et dès lors de me consoler par ce privilège dont je me gratifie : celui d’avoir choisi de lire lesdits auteurs.
J’ignore qui du (1) et du (2) symboliserait le mieux l’eau froide, l’autre l’eau chaude.



Not Out Of The Inn (numéro -03-)

jeudi, novembre 15, 2007

EXTRACTIONS-SOIXANTE-HUIT

----- Ryu Murakami / Raffles hotel
----- 1998, Edition Philippe Picquier /\ 1989, Shueisha Inc.

« Je ne crois pas avoir jamais rencontré quelqu’un de triste à Singapour. Ici tout le monde vit sans souci et a le rire facile. Le concept de mélancolie n’a pas pris racine dans ce pays. Ce n’est pas que les gens s’efforcent de ne pas être tristes, c’est plutôt cette émotion-là qui ne veut pas d’eux.»

READ DURING WEEK 42/07
Les autres extractions du livre, ici.

dimanche, novembre 11, 2007

N.O.O.T.I. -(02)

A y réfléchir, rapidement, entre deux arrêts de train (et non pas deux trains différents qui s'arrêtent dans un même champ de vision, mais bien le même train qui s'arrête à deux endroits différents), je pense que la question la plus déplacée que je puisse poser à quelqu'un ou que quelqu'un puisse me poser, se formulerait ainsi: "et toi, qu'est-ce que tu ferais à ma place ?".


Not Out Of The Inn (numéro -02-)