mercredi, juin 21, 2006

F-COMME-FAIRBANKS


Je prendrai un avion à Napoléon Bonaparte tout à l'heure. Ou Vercingétorix. Pourquoi Charles de Gaulle. Un avion, c'est beau comme un corbeau, mais en acier; une forme absurde à laquelle on empèche de replier les ailes. La nuit, alignés sur le Tarmac, je vois ces transporteurs qui laissent leurs ailes déployées, comme des oiseaux laissant sécher leurs plumes au soleil de la lune. Sauf que leurs ailes ne sont pas mouillées. Elles sont collées. Il y a toujours aussi une pléthore de fourmies qui s'affaire à leur pied. Des fourmies noires, en majorité. L'une d'elles m'a dit qu'elle venait d'une lointaine 'destination' en plein sur une voie de développement. Venir d'une destination... Leurs ovipares à eux, peut-être qu'ils ne sont pas encore mécanisés. Je l'espère pour eux. J'imagine un gros avion-cargo fait de chair et d'os, qui remonte la garlingue avec ses deux mains avant de se mettre à courir, comme un enfant souléverait sa bouée avant de se jeter dans la piscine. Lui ne tomberait pas dans l'océan, il aurait des plumes sur les bras et aurait couru assez vite pour s'envoler. Là-bas, leurs ailes ne sont pas encore collées.
Je voudrais m'envoler ce soir en Caravelle. Entendre les hélices qui s'élancent dans un air de fanfare, et être encore un voyageur. Partir pour Ceylan, et non le Sri Lanka. Survoler la jungle birmane, pas encore Myanmar. Se poser à Saïgon, et non Ho Chi Minh City, après une escale à Madras, et plus Chennai. Voyager avec des vieilles cartes qui seraient encore d'actualité. Voyager en tapis volant, voyager en noir et blanc. F comme Fairbanks.


[Intra-Muros] [2]

17 commentaires:

gmc a dit…

ha, le vieillissement nostalgique... vigilance! on a tôt fait de devenir un vieux con avec des trucs pareils....

jamais le monde n'a été aussi merveilleux qu'à l'instant où tu lis cette ligne...

et à chaque instant qui passe, c'est la même chose....

et chaque pas que tu fais te rapproches di cimetière...

tu ne trouves pas que c'est vraiment débile de gâcher ainsi le meilleur moment de ton existence (dans des supputations inutiles)?

alors que tu pourrais tout aussi bien être béat d'admiration devant le fait qu'à chaque instant tu es en train de vivre le plus beau moment de ta vie.

Voiker a dit…

Je suis d'accord avec toi de partir sur le constat vrai que monde est merveilleux à l'instant ou je le vis, et ce que je sois dans la douleur ou dans l'extase des sentiments (qui se chauffent du même bois d'ailleurs).De mes sentiments. Je participe parfois de la troisième voie, celle de m'émerveiller de l'absence des sentiments, seul dans une forêt ou à regarder les étoiles la nuit, et de me débarasser des miens également. Et cette absence totale est source de plénitude. Etre plein de rien, maintenant. Je me permets de penser que cette voie et celle que tu privilégies, et la seule peut-être pratiquable dans ta démarche à toi: être inexistant face à l'existant pour lui permettre de s'exprimer au travers de toi.

De mon côté, Je veux vivre dans tous les espaces sensoriels que je peux appréhender, ils se nourissent les uns des autres, se laissent découvrir par recouvrement.

Ainsi, il est aussi important pour moi de vivre le jour comme si j'étais né ce matin, il est identiquement vital pour moi de le ressentir dans toute l'évolution de mes modes de perception, sensoriels ou linguistiques.

En petit plagiat, je te dirais que c'est toi qui vit ce texte comme l'expression d'un vieillissement nostalgique... (-smile-)

L'essence même de [Intra-Muros] porte sur la transcription de la perception des choses. Elle ne peut être mise en forme de la manière décallée dont je l'assemble qu'en passant par une première phase de compréhension de ce qui est, pour pouvoir projeter une seconde imagerie de perception.

C'est ma science-fiction du présent.

gmc a dit…

tu sais gmc ne fait que lire; si tu "trafiques" le discours et l'expression pour leur donner des distorsions (volontaires ou pas), considère ses commentaires comme nuls et non avenus.

un sentiment n'est qu'un délire du mental (basé sur une interprétation et une appropriation abusive). un sentiment n'a de réalité que créée par le mental, on nage déjà dans l'illusion à cet instant.

être plein de rien, c'est le top, surtout si l'état se renouvelle fréquemment.

pour la cohérence de ton discours, il serait judicieux de définir ce qu'est ce "moi" dont tu parles...

white horse a dit…

seul l'amour me semble merveilleux , pas le monde, ni l'existence, qui sont d'un banal, c'est pas parceque l'on y comprends rien, que ce n'est pas extremement banal, c'est bien le problème

à part ça vous suivez le pétage de plomb des vieux altefortiens, chez anaximandrake ? y sont barges les nombrils turgescent comme dit Mr OrnitO...

m'enfin, allez hue...meuh hue diantre

Délie a dit…

Comment s'empêcher de rêver ! comment ne pas laisser aller l'esprit sur ses nuages, sur ses images - pourquoi reviennent-elles ainsi sans qu'on le leur demande ? - sur d'autres rivages.
"Les rêves fous sont les seuls sortilèges (...)
Ils font tourner plus longtemps les manèges
Et la musique ainsi, oublie de s'arrêter"

Elle est magnifique cette nostalgie Voiker, et il ne faut surtout pas essayer de la justifier. Et personne n'a le droit de toucher à ces jardins de douce lumière.

Merci pour ce dépaysement et pour votre façon de le dire.
pour le dire.

Voiker a dit…

GMC>
Il ne s'agit pas de 'trafiquer' le discours. Si rien n'existe, qu'au travers du captage de nos sens, et que chacun vit ses sensations comme une approche unique et phénoménologique, alors il y a autant de monde qu'il y a de de 'perceptants'. Mon but est de donner MA version de la réalité.

Du cokalane, Je suis en train de lire un bouquin de W. TEVIS, et des traits de caractère du personnage central te ressemble. Je t'en enverrai un passage troublant ce week-end.

WH>
Tu n'es pas banal,
or je ne suis pas amoureux de toi.
Donc ton existence est merveilleuse. Aussi.
CQFD

DELIE>
Merci de ses quelques murmures de toi ici, Delie. Je reste sensible à ta sensitivité, là, au-dessus. Ton message est en lui-même l'un des nuages dont tu me parles.

gmc a dit…

c'est quand le personnage se trouve sans intention qu'apparaît SA version de la réalité, pour reprendre ton terme.

le personnage de gmc n'a aucun caractère, il est total plastique liquide, seules les circonstances mettent en relief certains aspects ou en occultent d'autres, au gré des besoins.

Voiker a dit…

De ta définition ci-dessus, j'ai une autre image concordante pour toi alors:
tu es ce papier buvard qui change de couleur, bleue ou rose, en fonction du temps*, qui absorbe les gouttes de monde qu'il rencontre pour les laisser créer sur lui des motifs dont seul l'agencement fortuit de ses mollécules donne une forme que certains s'évertuent à interpréter.**

*de ta phrase: "seules les circonstances mettent en relief certains aspects ou en occultent d'autres"

**de tes explications sur le fait que seul le lecteur donne une interprétation à ce que tu écris.

gmc a dit…

waow, un nouveau logo voiker!

pour le *, oui et non, gmc est pur néant.il n'est qu'une forme physico-psychique creuse.

pour le **, le regard qui vient de gmc est non teinté (neutre) et entièrement objectif (c'est-à-dire provenant du plus profond du subjectif, en clair du centre du monde).

le regard objectivo-subjectif du lecteur teinte de ses voiles intérieurs le regard qu'il projette sur des textes (comme une projection de bilal sur une hypothétique station de métro, par exemple)

Voiker a dit…

GMC> J'essaye que mon regard soit plus un calque, qu'un projecteur. Je pense qu'effectivement certaines personnes projettent trop sans avoir compris d'aboir l'environnement dans lequel ils evoluaient. J'essaye le plus souvent de calquer, j'entends comprendre dans toutes le dimensions, du dit et du non dit, avant de tenter n'importe quelle projection. C'est peut-etre de la prudence. C'est surtout pour moi du bon-sens.

gmc a dit…

tant qu'il existe MON regard, il n'est représentaif que d'une image mentale appelé ego, donc il est toujours sous l'emprise de la pensée et la pensée ne cesse de se projeter (vers le passé ou vers l'avenir, le présent se vit sans la pensée; dès qu'on est dans la pensée, on est dans l'abstraction, la virtualité) et de teinter l'environnement par son action.

quand ego est vu tel qu'il est (c-a-d- une image mentale et rien d'autre) apparaît LE regard. "vu" signifie autre chose que compréhension intellectuelle.
tu saisis la nuance?

Voiker a dit…

Je saisie la nuance.

doc Cook a dit…

Salut Voiker,
C`est Doc COOK, de la planete Poldue!.
J`aime beaucoup ce texte, tres delie...

Voiker a dit…

Cher Docteur,
je commençais à m'inquieter !
Ou en êtes vous de votre nomadicité ?

Content que ceci vous plaise.

Au plaisir de vous lire a nouveau, bientot j'espère.

Anonyme a dit…

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