mardi, juillet 18, 2006

METEO-MARINE


De toutes ces cartes routières, d’état major, dont les valeurs des distances sont savamment calculées, aucune ne m'a laissé le moindre début d'une émotion, ni même la mémoire d'une impression. Des autoroutes numérotées aux chemins vicinaux qui s'effacent, maudits, dans les blés, chercher le chemin le plus court d'un point à un autre ne m'a jamais vraiment intéressé. Ces cartes mortes ne me font sourire encore que lorsque posées sur la chaleur du capot avant, un coup de vent les fait danser dans l'énervement de celui qui sait trop bien qu’il est perdu depuis longtemps. Les cartes figées ne m’intéressent plus. Il n’y a rien à en tirer; ni la température, ni le temps que j'y ferai : anticyclone, calme plat, ouragan, dépression de type A…Je sais, je dois remercier la météo marine de m’avoir avoué qu'elle est pour quelque chose dans ce moi que j’ai fait. De m'avouer qu'elle m'a toujours hypnotisé, depuis sa sirène sur un rocher, m'enivrant d’informations écopées sur l'écume des vagues par des escadrilles de poissons volants, d’hippocampes, de requins marteaux et de crustacés. Je sais très bien comment elle s'est jouée de moi ; charmé je le suis encore par ses formes poétiques dans lesquelles mon essentiel s’est laissé prendre au filet; Manche Est, Manche Ouest, Golfe de Gascogne, Baie de somme. Faraday, Shannon; Forties, Viking, Dogger, Fisher; le nom des vents, ceux des courants, rapides ou lents. Tous les mouvements de ses mouvements. Quand un peu plus loin, au large, la température plus élevée de la mer facilite l'écoulement du vent ; quand d’un cap à l’autre, les flux incessants parfois s’accélèrent aux yeux des passants. Et tes cambrures ondulés où l'on retrouve un vent plus régulier mais plus fort de 1 ou 2 degrés Beaufort. Et la brise de terre la nuit. Quand je t’écoute me parler comme ça, tu m'immortalises dans tes courants, me pulvérise et me noie un instant, dans tes rouleaux faits d'eau salée, d'étoiles de mer, de vestiges divers et variés extirpés aux bas fonds sablés.
Comment pourrais-je t’en vouloir ? Tu as ce don si unique de ne jamais te reproduire à l’identique.


[Intra-Muros] [14]

6 commentaires:

gmc a dit…

pas mal

metalogos a dit…

Il y longtemps que je suis passé au GPS (en bon technophile) ;-).
Pour te réconcilier avec les cartes, je te conseil le n° hors série de Courrier international « le dessous des cartes ».

Voiker a dit…

GMC> Merci - honorablement votre,

MetaLG> Referes-tu a la version papier de l'emission sur Arte ? (a mons qu'il ne s'agisse de la 5). J'ai vu le bouquin sur des rayons quelquepart, avec l'envie de me rappeler qu'il fallait que je le feuillete.

Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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